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Eau polluée de la SODECI : retour sur une affaire sordide

11 mars 2010

Je reviens ce matin sur cet événement malheureux qui a démontré des failles dans la gestion de la qualité de l’eau par la Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire (SODECI). Mais après avoir noté les incohérences dans l’attitude de cette entreprise et remarqué que le comportement des victimes (les habitants de la cité Coprim Zenith à Yopougon) était surtout guidé par leur survie (financière), force est de constater qu’on n’a pas épuisé le sujet !

En effet, il semble qu’une nouvelle fronde a vu le jour, de la part d’un certain nombre de personnes qui, bien que n’habitant pas la Cité, se disent touchées par la pollution de l’eau servie par la SODECI. Il s’agit en fait d’un groupe composé de deux catégories de personnes : celles qui tiennent des commerces à l’intérieur de la Cité, et celles qui occupent des habitats précaires aux alentours. Ces deux catégories de personnes ont quelque chose en commun : elles ont été amenées à consommer l’eau polluée (du moins elles l’affirment) du fait qu’elles se trouvent toute la journée sur le lieu pour les premières, et en raison de ce qu’elles se ravitaillent quotidiennement en eau potable auprès d’habitants de la Cité qui eux, sont des abonnés réguliers.

Comme réponse à cette plainte, la SODECI affirme que n’ayant pas de contrat d’abonnement avec ces personnes, elle ne se sent aucune obligation vis-à-vis d’elles.

La question est de savoir si quelqu’un qui n’est pas abonné à un service public peut se plaindre de la mauvaise qualité de ce service. Et là, il semble qu’une fois que le lien est formellement établi entre le préjudice subi et l’événement (en l’occurrence la pollution de l’eau), les plaignants devraient être dédommagés au même titre que les habitants de la Cité.

Toutefois, il convient de savoir dans quelles conditions ces personnes ont eu accès à l’eau polluée ! Si c’est par des moyens frauduleux, la SODECI peut utiliser cela comme moyen de défense : un fraudeur de bus (pour parler en abidjanais), peut-il se faire dédommager lorsqu’il y a un accident du bus qu’il a emprunté ? Où bien, quelqu’un qui utilise un branchement anarchique pour s’alimenter au courant électrique, peut-il se retourner contre la CIE s’il se fait électrocuter ?

La pauvreté grandissante a tendance à faire croire qu’on peut répondre oui à cette question, au mépris des règles de droit les plus élémentaires. Mais attendons de voir ce que la suite de cette plainte va nous révéler.

K@rl

Bloggeur africain

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Pénurie d’eau à Abidjan : le calvaire inexpliqué des populations !

2 mars 2010

L'eau, source de vie est devenue une denrée rare à Abidjan

Depuis plusieurs semaines, un phénomène nouveau a vu le jour à Abidjan. Il n’est plus rare de rencontrer des attroupements, même dans les quartiers comme Angré, de jeunes filles munies de récipients à la recherche de l’or bleu. Eh oui ! Abidjan d’aujourd’hui est devenu dûr !

Dans certaines cités, pour avoir de l’eau, il faut pratiquement organiser des veillées de recueillement d’eau, tellement la pression est faible quand il y a de l’eau. A Angré, ceux dont les veillées n’ont rien donné, peuvent encore se faire gruger en achetant 20 litres d’eau pour 500FCFA. Le pire dans tout cela, c’est que la Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire (SODECI), non contente de mener la vie dure à ses clients, ne pense même pas à leur donner ne serait-ce que des explications sur le cauchemar qu’ils vivent en ce moment.

En effet, lorsque j’ai cherché à comprendre ce qui se passe, j’ai été (quasiment) tourné en bourrique par les interlocuteurs que j’ai eus à la Direction Technique de la SODECI. Il m’a été expliqué que les coupures intempestives de la fourniture d’eau ces derniers temps (depuis plusieurs semaines), sont dues au fait que la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE), au titre de son programme de délestage, est amenée à interrompre la fourniture de l’électricité dans certaines stations de traitement de l’eau, dont celle qui dessert la zone où j’habite. Mais cette information, aussi logique soit-elle, m’a amené à me poser une question tout aussi logique : pourquoi la CIE, après avoir pris la mesure du problème, continuerait-elle à rationner la SODECI, mettant ainsi en péril de nombreux consommateurs d’eau potable de la capitale économique de la Côte d’Ivoire ?

Cette question m’a obligé à joindre la Direction Technique de la CIE qui m’a assuré mordicus qu’au début du programme de délestage, des réunions (techniques) ont eu lieu entre les deux sociétés, et une entente a été conclue pour éviter des désagréments aux usagers de la SODECI. Il s’agissait pour la CIE d’exclure autant que possible les stations de traitement de la SODECI de son programme de délestage, et au pire des cas, de les équiper en groupes électrogènes pour leur permettre de continuer à fonctionner malgré les coupures d’électricité. Où se trouve donc la vérité dans cette affaire ?

Voyez-vous, après avoir recueilli ces informations, je demeure comme la plupart des clients de la SODECI : je  paye mes factures, je n’ai pas d’eau quand j’en ai besoin, et on s’en fout complètement que je comprenne ce qui se passe ou pas. Quelle foutaise !

A mon avis, la SODECI devrait faire amende honorable en fournissant de l’eau (dans des citernes ou par tous autres moyens) à tous les usagers qui sont dans mon cas, et ce jusqu’au rétablissement total de la fourniture normale de l’eau. Juste comme elle l’a fait avec les victimes de Yopougon Coprim. Mais, encore une fois, les populations abidjanaises exigeront-elles que leurs droits soient respectés ? Là est la question !

K@rl

Bloggeur africain

Affaire eau polluée de la SODECI : un décès

22 février 2010

Le DG de la SODECI

Il y a du nouveau dans l’affaire de l’eau polluée à Yopougon Coprim Zenith 2. Et malheureusement, ce ne sont pas de bonnes nouvelles. En effet, le journal Fraternité Matin, dans son tirage du vendredi 19 février dernier, a annoncé que dame Micheline Ayolio, 37 ans, habitant la villa 573, est décédée des suites de l’intoxication à l’eau polluée de la SODECI. Elle est morte d’une diarrhée persistante provoquant sa déshydratation après avoir consommé de cette eau.

Les habitants de la cité, informés de la présence de M. Marcel Zadi Kessi, PDG du Groupe CIE-SODECI, auraient tenté de le lyncher, pour manifester leur colère vis-à-vis de la situation. Celui-ci n’aurait dû son salut qu’aux forces de l’odre qui l’accompagnaient. Il aurait, pour tenter d’apaiser les habitants de Coprim, promis à la famille éplorée de prendre en charge la totalité des frais occasionnés par l’organisation des obsèques.

De mon point de vue, ce décès pose le problème de l’efficacité des mesures prises par la SODECI en faveur de ses victimes, notamment en ce qui concerne la surveillance médicale. En effet, les proches de la défunte ont affirmé dans un élément diffusé ce même vendredi au journal de 20h de la RTI, que deux jours durant, ils n’ont pas pu avoir les médicaments au lieu indiqué par l’entreprise. Ce qui me semble pour le moins bizarre, c’est qu’ils n’aient pas eu la présence d’esprit de la conduire dans un établissement sanitaire adéquat. Je ne comprends pas cette passivité. D’un autre côté, je me demande pourquoi la SODECI n’a pas tout simplement cherché un partenariat avec une structure sanitaire des environs de la cité pour la prise en charge des victimes. Aurait-elle minimisé les risques qui planaient sur la santé de ces personnes ?

Mais ce que je trouve vraiment désolant, dans cette affaire, c’est cette autre information selon laquelle certains habitants recevraient des propositions  de leurs connaissances qui souhaitent être déclarées comme vivant avec eux, afin d’empocher une plus grande indemnisation et de se la partager. Quelle honte ! C’est vraiment malheureux de voir combien la malhonnêteté et la cupidité semblent prévaloir sur la solidarité et l’envie de situer les responsabilité afin que pareille chose ne se reproduise pas. Vraiment dommage !

Karl

Bloggeur africain

Affaire eau polluée de la SODECI : des zones d’ombre

17 février 2010

M. Eba Basile, DG de la SODECI (au centre)

Tout Abidjan a été réveillé par cette affaire nauséabonde d’eau polluée à Yopougon. Permettez-moi de revenir sur cet « accident » (comme l’ont qualifié les premiers responsables de la Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire – SODECI).

De quoi s’agit-il ?

Le réseau d’eau potable de la cité des 1000 villas de l’opération immobilière Coprim Zenith 2 de Niangon dans la commune de Yopougon a été pollué suite à des travaux d’assainissement qu’effectuait une équipe de la SODECI dans ce périmètre. A l’issue de ces travaux, le réseau d’approvisionnement de ladite cité en eau a été infiltré par des eaux de fosses septiques (excréments humains). L’information a été rendue publique le mardi 9 février dernier, par la SODECI elle-même qui, via un mégaphone, en a fait l’annonce dans l’après-midi du mardi, date à laquelle elle-même aurait été informée de la situation par le courrier d’un client. Le message était clair : l’eau est polluée, il ne faut pas la consommer.

En réaction à ce problème, la SODECI a rassuré les abidjanais, en particulier les habitants de Yopougon, que son réseau de distribution n’a pas été touché dans son ensemble et qu’il s’agit d’un incident isolé, circonscrit à la cité concernée. A l’endroit des habitants de Coprim Zenith 2, le Directeur Général, après avoir expliqué les faits, s’est excusé. Et depuis, des mesures ont été prises. Il s’agit notamment de : l’isolement du réseau du quartier où s’est produit le sinistre ; la purge et la désinfection des réseaux internes des ménages ; le ravitaillement de ce quartier par des rotations de 2 citernes tous les jours ; la livraison d’eau minérale (1 carton par maison) ; la vaccination contre le choléra ; le déparasitage systématique et la surveillance épidémiologique assurée par le service médical de la SODECI et l’Institut National d’Hygiène publique.

Mais que de questions !

Des témoignages recueillis auprès de certains habitants de la cité concernée, tendent à établir que le mal a duré plus longtemps que la SODECI ne veut l’admettre. En effet, selon Monsieur T., il est question de trois semaines à deux mois, au lieu de la dizaine de jours annoncée par l’entreprise de service public. Où donc se cache la vérité à ce sujet ?

Et puis, en deux mois, trois semaines ou dix jours, pourquoi la SODECI ne s’est-elle pas elle-même rendue compte du problème, puisqu’il a fallu la plainte d’un usager dont les enfants souffraient de dyssenterie ? Cette question est, à mon sens, la plus importante. Car elle permet de questionner le processus de contrôle de qualité de la SODECI.

Hier, j’ai suivi à la télé une émission intitulée « L’eau, source de vie », au cours de laquelle la responsable qualité de la SODECI a expliqué en long et en large la façon dont la qualité de l’eau servie aux ivoiriens est contrôlée. Elle a même indiqué que le contrôle effectué par son entreprise est couplé avec (complété par) celui de l’Etat. Mais une chose m’a intrigué dans le processus de contrôle de la SODECI : pourquoi effectuer des prélèvements auprès des mêmes ménages à chaque passage ? Ce faisant, statistiquement, on ne se permet pas d’évaluer la qualité sur l’ensemble du réseau par sondage, et c’est ce qui peut expliquer qu’on ne se soit pas rendu compte de la mauvaise qualité de l’eau servie à la cité Coprim Zenith 2.

Mais plus fondamentalement, je me demande si dans les procédures de réalisation des travaux de la SODECI, il n’existe pas une étape de vérification (par une équipe autre que celle ayant effectué les travaux) avant la livraison de l’ouvrage, c’est-à-dire avant le rétablissement de la fourniture de l’eau à la zone concernée ?

Bref, toutes ces questions de simple usager des services de la SODECI, pour dire que dans cette affaire, il me semble que tout n’a pas encore été dit. Et si les habitants de la Coprim Zenith 2 veulent vraiment aider tous les autres ivoiriens, je pense qu’il doivent au moins intenter un procès contre la SODECI, non pour se faire de l’argent (ils n’ont pas besoin d’un procès pour cela), mais surtout pour que ce monopoleur soit amené à jouer la carte de la transparence vis-à-vis de tous ses clients.

J’ai même entendu dire, de la bouche d’un responsable de cette entreprise que « …c’est pour la première fois depuis près de 50 ans que pareille situation se produit ». Et si c’était seulement la première fois qu’on s’en rend compte ? Ça fait peur hein !!!

K@rl

Bloggeur africain