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Côte d’Ivoire : le nouveau gouvernement Soro au grand complet

5 mars 2010

Jeudi 04 mars 2010 : le gouvernement Soro 2 au grand complet

Hier jeudi 4 mars 2010, un Conseil des Ministres (le deuxième) du tout nouveau gouvernement du 23 février dernier, s’est tenu sous la présidence du Chef de l’Etat Monsieur Laurent Gbagbo. Mais cette fois-ci, tous les ministres étaient présents, notamment ceux qui occupent les 11 postes revenant (de droit) au Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Pour ce faire, un décret modificatif a été signé le même jour, portant nomination des membres du Gouvernement (voir la liste complète ci-dessous).

L’attente aura don duré un peu plus du semaine, et à ce qu’il paraît les tractations auraient été âpres, le Président de la République ayant fait quelques difficultés à accepter certaines propositions du RHDP. Toujours est-il que dans ce nouveau gouvernement de 28 membres (contre 32 précédemment), on note quand même 12 nouveaux entrants ! Ce qui me fait dire qu’une des raisons inavouées des récentes dissolutions (du gouvernement et de la CEI), c’est certainement le ras-le-bol du Président Gbagbo par rapport certains membres du Gouvernement, même du camp présidentiel, qui commençaient à ne plus faire son affaire.

Pour terminer, je ne peux m’empêcher de me poser une question, à la lecture (et à l’audition) de la une de plusieurs média (surtout internationaux) : ceux-ci semblent en effet conclure que l’opposition se limite aux partis du RHDP (et à ceux qui leur sont alliés, tels que le PIT). Je me demande alors si Monsieur Soro Guillaume et les Forces Nouvelles sont désormais dans le camp présidentiel. Que vous en semble-t-il ? Car à mon humble avis, cela signifierait un profond remodelage du paysage politique ivoirien ! J’attends vos réactions.

K@rl

Bloggeur africain

Liste (complète) des membres du Gouvernement Soro 2 :

1 – Premier Ministre, Chef du Gouvernement : M. SORO Kigbafori Guillaume
2 – Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement : M. Paul Antoine BOHOUN Bouabré
3 – Ministre d’Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme : M. KONE Mamadou
4 – Ministre de l’Intérieur : M. TAGRO Asségnini Désiré
5 – Ministre de l’Economie et des Finances : M. DlBY Koffi Charles
6 – Ministre de la Défense : M. AMANI N’Guessan Michel
7- Ministre des Affaires Etrangères et de l’Intégration Africaine : M. KACOU GERVAIS Jean-Marie
8 – Ministre de la Jeunesse, du Sport et de la Salubrité Urbaine : M. MEL EG Théodore
9 – Ministre de la Production Animale et des Ressources Halieutiques : M. DOUATI Alphonse
10 – Ministre de l’Industrie et de la Promotion du Secteur Privé : M. DOSSO Moussa
11- Ministre des Mines et de l’Energie : M.KOUADIO Komoé Augustin
12- Ministre du Tourisme et de l’Artisanat : M. KONATE Sidiki
13 – Ministre des Infrastructures Economiques : M. BANZIO Dagobert
14 – Ministre de la Communication : M. SY SAVANE Ibrahim
15- Ministre de l’Education Nationale : M. BLEU-LAINE Gilbert
16- Ministre de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat: M. KONE Tiémoko Meyliet
17- Ministre de l’Agriculture : M. COUUBALY Mamadou Sangafowa
18 – Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique: M. CISSE Ibrahima
19- Ministre de la Fonction Publique et de l’Emploi: M. GUIRIEOULOU Emile
20- Ministre de la Lutte contre le SIDA: Mme ADJOBI Christine
21- Ministre de la Famille, de la Femme et des Affaires Sociales: Mme PEUHMOND Adjoua Jeanne
22 – Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle : M. YAPO Atsé Benjamin
23- Ministre des Transports : M. FLINDE Albert
24- Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique : M. AKA Aouélé Eugène
25- Ministre du Commerce : M. YAPO YAPO Calice
26- Ministre des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication : M. HOUGA BI Gohorey
27-Ministre de l’Environnement, des Eaux et Forets : M. FADIGA Karim
28- Ministre de la Culture et de la Francophonie : M. MOUTAYE Azoumana

Vous pouvez également télécharger les CV  des ministres ainsi que les décrets portant organisation des ministères à cette adresse : http://www.gouv.ci/gouvernement.php

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Côte d’Ivoire : le cabinet Soro 2… presque complet !

24 février 2010

Le Premier Ministre Soro Guillaume

Alors que les ivoiriens commençaient à désespérer d’avoir un gouvernement, tant les positions de l’opposition et du camp présidentiel se sont cristallisées ces derniers jours, on assiste à un nouveau rebondissement. Même les média d’Etat prévoyaient la formation du deuxième gouvernement du Premier Ministre Soro pour aujourd’hui au plus tôt.

Mais, à la surprise générale, le décret n°2010-28 du 23 février 2010 portant composition du gouvernement et nomination de ses membres, a été signé par le Président Gbagbo. Ce tout nouveau gouvernement composé de 27 membres (contre 32 précédemment), annoncé par le Secrétaire Général de la Présidence, est pour le moment partiellement pourvu. En effet, 11 ministères ne connaissent pas encore leurs locataires, et la raison de cette situation pourrait bien être la décision du RHDP de ne pas participer au gouvernement tant que la Commission Electorale Indépendante n’est pas réhabilitée dans son format initial. Même si le Premier Ministre l’attribue aux tractations toujours en cours relativement aux propositions des partis politiques, je n’ai pu m’empêcher de remarquer que tous les noms cités correspondent à ceux de personnes soit du FPI soit des Forces Nouvelles.

Comme dans son adresse d’hier, le Premier Ministre a indiqué que la CEI sera installée demain (jeudi 25 février), espérons que le premier Conseil des ministres se tiendra ce même jour avec le gouvernement au grand complet. Toutefois, l’on ne peut s’empêcher de remarquer qu’en fait de technocrates, ce nouveau gouvernement n’est composé, pour l’instant, que de politiques. C’est donc dire qu’on aura tourné en rond pour revenir à la case départ : les joutes d’antan pourront donc reprendre sans grand changement.

Eu égard aux développements récents de la situation socio-politique, il faut quand même reconnaître que ceci est un pas en avant. Mais il ne doit pas nous faire oublier que les vrais enjeux sont encore devant, têtus. Car, souvenons-nous que ce qui nous a conduits dans cette impasse, c’est le passage de la liste électorale provisoire à la liste définitive, avec tous les risques de dérives « nationalitaristes » que cela comporte. Ce n’est donc pas encore fini, loin s’en faut !

Karl

Bloggeur africain

Elections en Côte d’Ivoire : une véritable pagaille organisée !

4 février 2010

Robert Beugré Mambé, Président de la CEI

Depuis la tentative de coup d’Etat avortée du 19 septembre 2002, la Côte d’Ivoire est coupée en deux tant physiquement que politiquement (n’en déplaise aux théoriciens de la réunification et de la paix retrouvées). Physiquement car, malgré les avancées enregistrées depuis la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou (APO) et la création de structures mixtes pour assurer la sécurité dans les zones Centre Nord Ouest (CNO), force est de constater avec amertume que l’autorité de l’Etat n’est pas encore établie dans cette partie du pays. Et politiquement, là c’est plus qu’évident, quand on considère les agitations des deux camps anciennement en guerre.

Ainsi, après les péripéties qui ont émaillé la période ayant précédé l’affichage de la liste électorale provisoire, les ivoiriens pensaient être sortis de l’auberge. Eh bien, c’était compter sans les difficultés qui ne cessent de se mettre en travers du chemin de la préparation des élections en Côte d’Ivoire. Et aujourd’hui, on se retrouve dans une situation où le cocasse le dispute à l’amateurisme.

Jugez-en vous-mêmes ! Depuis la mise au jour de l’affaire qu’il est désormais convenu d’appeler du nom du Président de la CEI (M. Robert Beugré Mambé), le front politique ne cesse de bouillir, comme si un clash couvait quelque part. En effet, après les accusations de la Mouvance Présidentielle à l’encontre de M. Mambé, à qui il est reproché d’avoir (tenté d’) introduit(re) 429.000 noms sur la liste définitive au mépris des procédures arrêtées pour le traitement de ces cas, les positions ne font que se durcir dans les deux camps. Le Ministre de l’Intérieur a saisi le Procureur de la République à l’effet de diligenter une enquête pour situer les responsabilités dans cette affaire, pendant que les dirigeants du RHDP ne cessent d’exprimer leur soutien au mis en cause. De son côté, le Secrétaire Général du PDCI, ancien parti au pouvoir (parti de feu le Président Houphouet Boigny), a décidé quant à lui de porter plainte contre le Ministre de l’Intérieur.

Et ce n’est pas tout ! Sur le terrain, les esprits s’échauffent dans les rangs des militants des deux tendances. Les partisans de la Mouvance Présidentielle, suspectant les autres de faire inscrire sur les liste électorales des personnes qui n’y ont par droit, sont accusées de dénonciations calomnieuses. Les partisans du RHDP se plaignent que certains ivoiriens (leurs militants) sont injustement exclus du bénéfice du droit de vote. Le comble, c’est ce qui est arrivé à la Commission Electorale Locale (CEL) d’Attékoubé (une commune d’Abidjan) : des individus (on affirme, avant toute enquête, qu’il s’agit de membres du RDR, le parti du Dr Alassane Ouattara), ont subtilisé les listings du contentieux après avoir fracassé la porte du local où ils étaient entreposés. Tout ceci ressemble étrangement à la période d’avant le 19 septembre 2002 où la question de l’ivoirité faisait ravage.

Et au lieu de prendre la chose au sérieux et de chercher au plus vite des solutions apaisées, la seule décision qui ait été prise, c’est de rallonger la durée du contentieux électoral de dix jours supplémentaires. Comme si dix jours allaient suffire pour résoudre les problèmes créés par des erreurs commises il y a plus d’un an quand, au début du processus, plus précisément au moment du choix des pièces permettant de se faire enrôler, on a préféré la facilité à la sureté. Voilà où cela nous conduit aujourd’hui.

Pendant ce temps, la communauté financière internationale s’impatiente. La récente visite du patron de la Banque mondiale, M. Robert Zoelick, présentée par certains média comme un satisfecit décerné au gouvernement, m’a plutôt paru comme un ultimatum : il a clairement lié l’atteinte par la Côte d’Ivoire du point d’achèvement de l’Initiative PPTE à l’organisation rapide des élections.

Vraiment, je ne sais pas pour vous, mais quand je regarde la situation, je me demande si 2010 sera vraiment l’année de la fin du cauchemar des ivoiriens !

K@rl

Bloggeur africain