Posted tagged ‘dissolution’

Blocage du processus électoral en Côte d’Ivoire : vers une solution ?

23 février 2010

Manifestations anti-gbagbo à Bouaké

La vie des populations ivoiriennes a été rythmée ces derniers jours, par des violences localisées ayant fait des dizaines de morts et plusieurs blessés. Cette situation anormale, qui couvait depuis l’éclatement du scandale des 429.000 vrais faux électeurs du Président de la Commission Electorale Indépendante et le Gouvernement (CEI) Robert Beugré Mambé, s’est installée après la décision du Président de la République Laurent Gbagbo de dissoudre la CEI.

Les négociations ayant réuni les signataires des différents accords de résolution de la crise ivoirienne à Ouagadougou autour du Facilitateur SEM. Blaise Compaoré, Président du Faso, n’ayant pas abouti, le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) a appelé ses militants à la désobéissance, arguant ne plus reconnaître au Président Gbagbo la qualité de Chef de l’Etat. La suite, on la connaît : des biens publics saccagés, des personnes tuées par des forces de l’ordre déterminées à faire règner l’ordre, et une psychose grandissante au sein de la population, en raison de diverses rumeurs annonçant (à tort ou à raison) des violence ici et là.

Et, dans cette grisaille, contre toute attente, alors que pour tous les observateurs, les positions des deux camps semblaient figées (à jamais), une visite éclair du Président Compaoré le lundi 22 février (hier) à Abidjan, a permis de ramener les protagonistes (antagonistes) autour de la table de discussion. Mieux, le format de la CEI a été accepté par tous (on s’est mis d’accord pour ne pas changer de format, contrairement aux premières instructions du Président Gbagbo), et le Président de la CEI (ancienne) perd son poste.

Visite du Président Compaoré à Abidjan, le 22 février 2010

Cet accord, qui permet de relancer les discussions de façon plus constructive (espérons-le !), peut être interprété de deux façons.

La plus facile des interprétations, c’est de conclure tout de suite à un échec cuisant pour M. Gbagbo dont la réclamation initiale portait sur une refonte de la CEI, pour lui donner un format lui permettant de travailler à l’abri du dictat des partis politiques. Et c’est sûr que la plupart des partis d’opposition vont certainement crier victoire sur la base de cette interprétation simpliste !

Mais il existe une deuxième interprétation, plus fine celle-là, qui permet de répondre à une question qu’on pouvait se poser le vendredi 12 février dernier, date à laquelle M. Gbagbo a passé le gouvernement et la CEI au dissolvant. En effet, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais moi, je me suis demandé pourquoi dissoudre et le gouvernement, et la CEI, si le seul problème, c’est le Président Beugré Mambé auquel il est reproché d’avoir (voulu) intégré(r) des électeurs de façon frauduleuse. Cette double dissolution ressemblait à mes yeux à une manière de « tuer une mouche avec un marteau ». C’est alors que l’accord du 22 février m’a ouvert les yeux : et si le Président Gbagbo avait employé la bonne vieille méthode de la négociation selon laquelle pour avoir 1 on exige 10 ? Si tel est le cas, il aura alors réussi le coup du remplacement de M. Mambé à la tête de la CEI, ce qui était le problème de départ, et surtout, la raison pour laquelle le RHDP s’opposait à lui. Qu’en pensez-vous ?

Karl

Bloggeur africain

Publicités

Côte d’Ivoire : le RHDP navigue en eaux troubles !

16 février 2010

Alphonse Djédjé Mady (au centre), Porte-Parole du RHDP

Actualité oblige, je me sens le devoir de vous informer et de vous partager mon analyse de l’évolution récente de la situation socio-politique de la Côte d’Ivoire.  En effet, dès l’annonce de la décision de dissolution du gouvernement et de la Commission Electorale Indépendante (CEI), le Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), par la voie du Président de son Directoire Monsieur Alphonse Djédjé Mady, par ailleurs Secrétaire Général du PDCI, a mis les pieds dans les plats : le RHDP a décidé de ne plus reconnaître M. Laurent Gbagbo comme Chef de l’Etat, en qualifiant sa décision de « coup d’Etat ».

Avec cette position radicale, on a bien senti que les négociations en vue de la formation du nouveau gouvernement ne s’annonçaient pas de tout repos. Mais ce qui me semble bizarre, c’est que le même RHDP revient à la charge pour demander le rétablissement de la CEI telle qu’elle était avant la dissolution, pour lui permettre de terminer le travail qu’elle a commencé (par qui ?). Je trouve cette requête non cohérente avec la radicalité qui a consisté à ne plus reconnaître le Chef de l’Etat. Car, de mon point de vue, la cohérence aurait voulu qu’on lui demande sa démission et de s’y tenir !

Mais le plus important à mon avis, c’est que la position du RHDP peut s’interpréter comme une prime au désordre politique. Car, il faut bien comprendre que l’un des problèmes de fonds de la Côte d’Ivoire, c’est celle de la nationalité. Et, la résolution de la crise déclenchée le 19 septembre 2002, si elle veut être utile, ne peut en faire l’économie. C’est pourquoi, il me semble indadmissible de faire comme s’il n’y avait pas de problème et de réclamer coûte que coûte des élections.

Ce qu’il faut faire, c’est de considérer l’inscription sur les listes électorales, non comme un simple problème électoral, mais comme un véritable problème vital pour la nation. Et puis, en la matière, il y a des règles ! Pourquoi ne pas examiner les cas à la lumière des règles régissant la nationalité ivoirienne. Comme je l’ai déjà dit dans un article précédent, il n’est pas convenable que des personnes qui ont fait du faux pour obtenir le bénéfice de la nationalité ivoirienne (et pour qui des preuves suffisantes existent), le conservent. Mais de l’autre côté, cette volonté d’appliquer les règles en matière de nationalité, ne doit pas être un prétexte pour martyriser d’honnêtes citoyens. Il n’y a que dans l’objectivité que le pays aura son salut. Et là-dessus, laissez-moi vous dire que tout jeu partisan est anticonstructif, de quelque bord qu’il soit.

K@rl

Bloggeur africain

Contentieux électoral en Côte d’Ivoire : rebondissement inattendu !

15 février 2010

Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d'Ivoire

Rebondissement spectaculaire à Abidjan. Contre toute attente, le Président Laurent Gbagbo a usé des pouvoirs que lui confère l’article 48 de la constitution ivoirienne pour dissoudre et le gouvernement et la Commission Electorale Indépendante (CEI). Devant le blocage du contentieux électoral et le piétinement des discussions de Ouagadougou placées sous l’égide du facilitateur Blaise Compaoré, le président ivoirien a décidé de conserver Soro Guillaume comme Premier Ministre en lui demandant de proposer un nouveau gouvernement et une nouvelle CEI qui soient en dehors ducontrôle des partis politiques. Ainsi, il apparaît clairement pour Monsieur Gbagbo que ce sont les intérêts partisans qui sont à l’origine desproblèmes du processus électoral.

Toutefois, sans parler du mécontentement des partis d’opposition, je me demande comment on poura trouver des hommes et des femmes compétentes et non polarisées, surtout en cette période pré-électorale ! Surtout que l’Accord Politique de Ouagadougou (APO), auquel le président ivoirien dit toujours tenir, donne aux Partis politiques la latitude de désigner leurs représentants au gouvernement ! Mais ces mêmes partis, par la voix de Monsieur Djédjé Madi, disent ne plus reconnaître Monsieur Gbagbo comme Chef de l’Etat. Autant dire que Monsieur Soro a du pain sur la planche.
En plus de cela, je pense personnellement que c’est une bonne occasion pour donner un coup de fouet à l’enquête sur les présumés détournements dans la filière café-cacao. En effet, ne pas reconduire les ex-ministres concernés permettrait de les mettre plus facilement à la disposition de la justice. Bon, vous me direz que je mélange les serviettes et les torchons, mais, au point où en est le pays, pourquoi pas ?
D’ores et déjà, la formation du gouvernement s’avère être une mission quasi-impossible pour le premier ministre, car, au lieu d’aujourd’hui initialement fixé comme délai, on commence déjà à parler de la fin de la semaine. Vraiment, comment trouver des extraterrestres qui soient en même temps neutres au sens politique du terme, et qui appartiennent en même temps à des partis politiques ? Là est le question ! Just wait and see…
K@rl
Bloggeur africain