Délestage en Côte d’Ivoire : est-ce vraiment fini ?

Publié 22 mars 2010 par Karl
Catégories : Actualités, Côte d'Ivoire, Economie, J'aime pas !, Réflexion, Société

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SEM. Laurent Gbagbao, Président de la République de Côte d'Ivoire

Depuis un peu plus de deux mois, la Côte d’Ivoire vit une situation (in)habituelle de délestage qui nous rappelle étrangement celle que nous avons vécue dans les années 80, et sur laquelle j’ai déjà écrit le 5 février dernier.

Aujourd’hui, je reviens sur ce sujet, parce que je crois que les dernières nouvelles, qui semblent entretenir une certaine euphorie, méritent qu’on s’y attarde un peu.

En effet, dans son adresse à la nation du 13 mars dernier, le Président de la République, SEM. Laurent Gbagbo, certainement sur l’éclairage des techniciens maison, promet la fin du calvaire pour dans quelques jours. Mais dans ce discours, il y a des passages qui ont retenu mon attention et m’ont amené à me poser des questions, questions que je voudrais partager avec vous, mes chers lecteurs :

« La cause essentielle de cette situation, c’est un accidentNous faisons face aux conséquences d’un accident. D’après les spécialistes, le type d’accident survenu à AZITO en décembre dernier est rare. Ni l’Etat ni les opérateurs eux-mêmes ne pouvaient le prévoir survenu le 22 décembre 2009 sur les installations de la centrale d’Azito. Cet accident a provoqué l’arrêt d’une turbine, entraînant une chute brutale de la production d’électricité… « . Moi je persiste à croire que même s’il s’agit d’un accident, non seulement on aurait pu l’éviter en respectant un bon programme d’entretien des installations disponibles, mais également, on aurait pu en limiter les conséquences en prenant les bonnes décisions depuis fort longtemps. A ce propos, je reviens sur les investissements qui auraient dû être faits depuis les années 80 après le premier délestage. Comprenez que mon propos n’est pas de fustiger l’action du gouvernement en place, mais de poser des questions pertinentes sur la gestion du pays depuis sa naissance.

« Au moment de l’accident, nous produisions 830 mégawatts, pour une demande moyenne de 875 mégawatts par jour. Soit un déficit de 30 mégawatts hors pointe. Ce déficit était dû à la baisse saisonnière du niveau de l’eau dans les barrages. La panne survenue à AZITO a réduit la production de 150 mégawatts, portant le déficit à 180 mégawatts, hors pointe« . Voyez-vous, chers lecteurs, cette information montre qu’en réalité, nous sommes dans une situation de « délestage permanent », contrairement à ce qu’on veut nous faire croire. Si la production ne parvient pas à couvrir la demande, pour un bien que l’on ne peut stocker, c’est dire que pour satisfaire tout le monde, il va falloir rationner certains clients à certaines périodes. Et je comprends maintenant ces petites coupures intempestives auxquelles on a fini par s’habituer, tellement elles sont devenues fréquentes et compte tenu de leur courte durée. En fait, on était en situation de délestage « à petite dose », et il a fallu « cet accident » pour qu’on se penche sur ce problème presque vieux comme la Côte d’Ivoire.

Voici encore l’illustration d’une caractéristique de la gouvernance africaine que je m’emploie à décrier chaque fois que j’en ai l’occasion : nous avons des pompiers à la place des planificateurs, et il faut des catastrophes pour qu’on sorte les échelles et les lance-eau…

« La politique des barrages hydroélectriques produisant de l’électricité à bon marché, a été abandonnée au profit de centrales thermiques. Ces infrastructures nous ont certes permis de combler le déficit de production mais elles ont contribué à creuser le déficit financier structurel du secteur. Il est avéré que l’électricité produite par les centrales thermiques est plus chère que celle produite par les centrales hydroélectriques« . Dans un pays tropical où on a le soleil au moins 12 heures par jour 365 jours par an, devant les problèmes de production hydroélectrique (peut-être dus à la sécheresse), on court vers le thermique, et cela résulte en un surcoût que l’Etat a du mal à combler. On entre donc dans un engrenage vicieux qui fait que ce que l’Etat aurait dû utiliser pour faire des investissements dans le secteur, doit être utilisé pour subventionner le bien produit en quantité insuffisante. Quelqu’un peut-il me dire combien coûte la production de l’énergie électrique solaire dans un pays ensoleillé comme la Côte d’Ivoire ?

« Nous avons encore une semaine à subir les délestages, le temps que la turbine d’AZITO soit réparée« . En tous cas, moi, je persiste à croire que tant que les capacités de production n’ont pas dépassé la demande d’au moins un tiers, on n’est pas à l’abri d’un autre « accident ». Ou bien ?

K@rl

Bloggeur africain

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Nigéria : la proposition (indécente) de Khadafi

Publié 19 mars 2010 par Karl
Catégories : Actualités, Afrique, Politique, Réflexion, Religion

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Mouhamar Khadafi, le Guide libyen

Devant la resurgence des violences au Nigéria, il semble que toute la planète se sente concernée. Et chacun d’y aller avec son analyse des causes et  des solutions idoines. Mais il en est un (de ces chacuns là), qui a marqué les esprits plus que les autres : il s’agit du Guide libyen Mouhamar Khadafi qui, s’adressant le lundi 15 mars dernier à des étudiants africains réunis à Tripoli, a proposé que le Nigéria soit divisé en deux parties que se partageraient les chrétiens et les musulmans, à l’image de ce qui s’est passé en 1947 dans le sous-continent indien et qui a conduit à la naissance du Pakistan.

La religion n’est pas la (seule) cause des conflits au Nigéria

Tout d’abord, la proposition (indécente) de Monsieur Khadafi me semble pour le moins hazardeuse, parce qu’elle part des prémisses selon lesquelles le problème de fond au Nigéria, se résume en une question religieuse. Or, sur la question, plusieurs analyses concurrentes ont tendance à s’accorder sur la complexité du dossier qui relèverait en même temps de conflits ethniques, religieux et de partage des ressources (agraires notamment).

La proposition khadafienne ne peut prospérer

Mais même si on acceptait l’hypothèse fondatrice de la proposition (indécente) du Guide libyen, force est de constater qu’elle ne paraît pas appropriée, et ce pour au moins trois raisons :

Primo, la séparation des chrétiens d’avec les musulmans ne résoudrait pas pour autant la question des conflits (inter-)religieux, loin s’en faut ! Il n’y a qu’à considérer le cas utilisé par M. Khadafi comme exemple : les problèmes (inter-)religieux sont-ils expurgés du Pakistan et de l’Inde ? Pas si sûr ! Et puis, il ne faut pas oublier qu’au nigéria, il n’y a pas que des chrétiens ou des musulmans ! Il y a, entre autres, les animistes qui, quoi qu’on en parle très peu, devraient représenter une frange importante de la population, dans la mesure où plusieurs de ceux qui se disent chrétiens ou musulmans ne se privent pas de ces pratiques. A cette allure, il faudra bientôt diviser la partie réservée aux chrétiens en celle revenant aux chrétiens-animistes et celle devant appartenir aux chrétiens-non animistes…

Secundo, sur la question du pétrole qui n’a pas fini de cristalliser les énergies opposées au Nigéria, le Guide n’a pas précisé dans quel sens le tracé serait fait pour qu’aucune partie ne se sente lésée dans le partage de l’or noir, principale ressource du pays. Je crois que cette question à elle seule peut invalider la solution khadafienne.

Et enfin, tercio, le raisonnement de M. Khadafi constitue ce que j’appelle une incohérence dynamique : car si on la pousse aussi loin que possible, on s’achemine vers des micro-Etats dont la seule légitimité serait la religion commune à leurs citoyens, ce qui va totalement à l’opposé du trend actuel, qui est plutôt aux grands rassemblements sur la base d’intérêts économiques. Ma question : comment le « père » de l’Union africaine peut-il s’autoriser un tel raisonnement ? A lui de répondre.

Ma solution à moi aux conflits (inter-)religieux

A mon avis, la solution aux conflits (inter-)religieux, ce n’est pas de créer des Etats « religieux » (cela fait partie du problème), mais plutôt d’amener tous les pays à la surface de la Terre à libéraliser la religion. C’est-à-dire que dans n’importe quel pays du monde, tout homme devrait être libre de choisir la religion qui lui convient le mieux. Cette libéralisation a l’avantage, si elle est convenablement appliquée, de faire en sorte que la saine émulation des religions conduise à un monde avec le nombre minimal de religions, les plus mauvaises étant abandonnées parce que personne n’y est plus contraint.

Evidemment, il va sans dire qu’une telle solution nécessite que les adeptes des religions acceptent de respecter les croyances des autres et de se soumettre aux lois des pays ! Toujours est-il que je pense profondément que M. Khadafi a tort de faire cette proposition (indécente). Qu’en pensez-vous ?

K@rl

Bloggeur africain

Madagascar : le syndrôme africain se répète !

Publié 18 mars 2010 par Karl
Catégories : Actualités, Afrique, J'aime pas !, Politique, Réflexion, Société

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Andry Rajoelina

Eh oui ! Les mêmes causes, dans les mêmes conditions, produisent inévitablement les mêmes effets. Et s’il y a, en Afrique, un pays qui illustre bien cette sagesse scientifique, c’est bien la Grande Île, elle qui a connu un long ballet de renversements consécutifs, sous l’oeil toujours approbateur du peuple (ou d’une partie du peuple ?).

Toujours est-il qu’après le dernier renversement en date, celui de Marc Ravalomanane par Andry Rajoelina, le pays est aujourd’hui plongé dans une crise politique dont les malgaches peinent à entrevoir la fin.

Que s’est-il passé ?

En effet, après plusieurs semaines de manifestations au bout desquelles l’armée a fini par prendre position pour lui, le Maire d’Antananarive a fini par prendre la place du Président malgache. On sait que par la suite, sous les auspices de la Communauté internationale (l’Union Africaine, la SADC, l’Organisation Internationale de la Francophonie et les Nations Unies), des accords ont été signés le 8 août 2009 à Maputo au Mozambique, par les quatre chefs de file des tendances politiques malgaches, en vue d’organiser une période de transition. Cette transition, qui ne devait pas durer plus de quinze mois à compter de la date de signature des accords, avait pour objectifs d’assurer la continuité de l’Etat et le respect de ses engagements nationaux et internationaux, de rétablir l’ordre et la sécurité, d’initier le processus « Vérité et Réconciliation », de concevoir et mettre en place des structures étatiques dans le respect mutuel  des diversités dans l’unité, et enfin, d’organiser les consultations populaires (referendum sur la constitution et élections) devant instaurer un nouvel ordre constitutionnel et mettre en place les institutions républicaines et démocratiques.Ces accords ont par ailleurs prévu, pour apaiser les tensions, une sorte d’aministie au profit des personnalités faisant l’objet de poursuites judiciaires, notamment Marc Ravalomanane.

Tout semblait bien parti quand, au grand dam de la communauté internationale, le nouvel homme fort d’Antananarive, Andry Rajoelina, montre des réticences à mettre en oeuvre lesdits accords. Plus de 7 mois après leur signature, on constate que rien n’a vraiment bougé, alors que la transition est censée ne durer que quinze mois.

La décision de l’Union Africaine

Devant le non respect des accords de Maputo, qu’elle impute principalement à Monsieur Rajoelina, l’Union Africaine a décidé de le contraindre à appliquer ce qu’il a signé de sa propre main (voir image ci-dessous), en lui infligeant des sanctions, à lui et à une centaine de ses partisans. Ces sanctions comprennent les restrictions de visa, le gel des avoirs dans les banques étrangères et les interdictions de voyage pour M. Rajoelina et 108 de ses partisans.

Signataires de l'Accord de Maputo

Mais ces décisions, que l’UA espère être endossées (et approfondies) par les autres acteurs de la scène politique internationale, suffiront-elles à faire fléchir le régime de Madagascar ? Rien n’est moins sûr, car dans le camp de M. Rajoelina, on évoque déjà un complot international (inédit) contre le pays. Certains de ses partisans affirment même que ces sanctions « ne leur font ni chaud ni froid », et le Président malgache de se faire passer pour un martyr au service du peuple : « si pour sauver le peuple, je dois subir des sanctions, alors je suis prêt à les assumer ».

Qui sont les vrais perdants ?

Entre-temps, les vrais perdants dans cette histoire, ce sont les 19 millions de malgaches qui, ayant cru en un véritable changement à l’avènement du nouveau régime, ne savent plus trop à quel saint se vouer.

Mais ce qu’il faut vraiment retenir dans cette histoire (valable pour tous les pays africains), c’est qu’il vaut mieux trouver les moyens d’impulser le changement par des voies pacifiques, que d’imposer un régime par la force, quelle que soit la légitimité dont celui-ci peut jouir auprès du peuple. Car l’histoire (lointaine comme récente) de l’Afrique a montré que pour la plupart, ce sont des personnes qui n’ont pas vraiment réfléchi à la direction que doit prendre le pays, et qui se lancent tôt ou tard dans des tergiversations préjudiciables à ceux qu’ils sont censés secourir. A bon entendeur, salut !

K@rl

Bloggeur africain

Elections présidentielles en Côte d’Ivoire : pourquoi on n’ira pas au vote de si tôt

Publié 17 mars 2010 par Karl
Catégories : Actualités, Côte d'Ivoire, Politique, Réflexion, Société

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Le Premier Ministre Soro Guillaume

Après la récente tempête politique qu’a connue la Côte d’Ivoire avec l’affaire des 429.000 faux électeurs de Beugré Mambé, les dissolutions et autres contestations qui se sont ensuivies, l’heure semble être désormais à la réflexion dans les différents états majors politiques. Tant mieux pour le processus de sortie de crise.

La semaine dernière, toute la hiérarchie des Forces Nouvelles (aux niveaux politique et militaire), s’est réunie à Bouaké pour analyser la situation socio-politique. Je trouve personnellement que c’est une très bonne chose, que ceux qui ont pris les armes montrent ainsi qu’ils ont désormais compris que les meilleurs victoires sont celles qui s’acquièrent par la réflexion, l’argumentation et le dialogue. Et les principales conclusions de ce conclave me permettent de donner à mon tour quelques réflexions sur l’avenir du processus électoral en Côte d’Ivoire.

La première conclusion, c’est que les Forces Nouvelles s’engagent (à nouveau) à appliquer le DDR (Désarmement, Démobilisation, Réinsertion). Je dis « à nouveau » parce qu’à mon avis, la signature de l’Accord de Ouagadougou le 4 mars 2007 marque de façon officielle cet engagement, accord qui met le DDR en bonne position parmi les actions de sortie de crise.

Mais là où je ne comprends pas bien la logique des Forces Nouvelles, c’est quand elles affirment que les reports successifs des élections décrédibilisent la classe politique, et qu’elles réclament à cor et à cri la tenue des élections présidentielles. Sur ce point, je crois qu’aucune partie prenante de la crise ne peut véritablement se plaindre, puisque toutes y sont pour quelque chose dans les différents piétinements du processus. Je dis bien tous !

Concernant les Forces Nouvelles en particulier, je crois que si le désarmement à du mal à avancer, c’est bien parce qu’elles font une sorte de « résistance », parce que, entre autres, cela signifierait pour plusieurs de leurs éléments, un saut dans l’inconnu, la situation actuelle représentant pour ceux-ci une véritable aubaine (je veux parler du contrôle des ressources des zones sous leur contrôle notamment).

Pourtant, je persiste à croire que la tenue des élections avant le désarmement est une grossière erreur. Même si le 4ème Accord complémentaire (signé le 22 décembre 2008) stipule en son article 4 que « En tout état de cause, la démobilisation des ex-combattants des Forces armées des forces nouvelles (Fafn) devra être achevée au plus tard deux mois avant la date fixée pour l’élection présidentielle« , force est de constater que sur le terrain, les choses n’avancent pas vraiment. Il en va de même pour les milices pro-gouvernementales (voir article 5 du même texte). Et tous ceux qui se plaignent aujourd’hui des reports des élections et qui réclament qu’on les organise demain ou après-demain, oublient de lire les accords que les protagonistes ont eux-mêmes signés pour garantir le succès du processus de sortie de crise.

Si nous voulons vraiment avoir des élections propres, je pense qu’il faut commencer par regarder la face militaire de la médaille. Le fait de se focaliser sur la face politique (qui malheureusement est la plus visible), nous fait perdre de vue l’importance d’avoir une armée refondée et restructurée, sans quoi les problèmes de fonds ne sont pas résolus. C’est pourquoi, l’élection présidentielle, ce n’est pas pour maintenant, n’en déplaise aux adorateurs des dates !

K@rl

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Crise entre policiers et gendarmes : quelle honte !

Publié 16 mars 2010 par Karl
Catégories : Actualités, Côte d'Ivoire, J'aime pas !, Réflexion, Société

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Un cargo de police

Le maquis « Le village zouglou » sis à Yopougon Niangon Toits rouges, sera désormais une bien sombre référence ! Car il a été le théatre de faits tout aussi insolites qu’anormaux, dont les suites n’ont pas fini de nous surprendre.

Que s’est-il passé ?

Pour ce qui est des faits, je ne vais pas m’y attarder, étant donné que les média abidjanais en ont fait un large écho. Mais avant de faire toute analyse, il est bon de rappeler qu’il s’agit d’un policier en arme qui, n’étant pas en service, lors d’une rixe dans ce fameux maquis, a usé de son outil de travail pour arracher la vie à deux gendarmes et à un étudiant. Ces faits se sont déroulés dans la nuit du vendredi 12 mars dernier. Selon la déposition du Sergent-Chef Tanoh (le meurtrier des trois autres protagonistes), il aurait agit de la sorte suite à une altercation survenue entre eux, pendant qu’il cherchait à protéger la nudité de deux jeunes filles (avec lesquelles il venait de partager des moments de gaité dans le maquis), et qui étaient allées se soulager dans un endroit à l’écart, endroit vers lequel les deux gendarmes se dirigeaient eux aussi. Lorsqu’il leur a demandé de ne pas y aller parce qu’il y avait déjà deux femmes, cela n’a pas été du goût des victimes, et la suite on la connaît :  injures, intimidation, bagarre, tirs de la part du policier, mort d’hommes.

Après ces malheureux événements, la tension est montée d’un cran hier matin (lundi), dans la commune de Yopougon. Un groupe de gendarmes, voulant exprimer leur colère par rapportau décès de deux de leurs frères d’arme, ont marché sur le commissariat du 19è arrondissement avant de prendre en otage deux officiers qu’il ont battus et blessés. Ayant réussi à encercler le commissariat, les gendarmes très en colère qui réclamaient le Sous-officier Tanoh (qui s’était déjà constitué prisonnier à la préfecture de police d’Abidjan) ont échangé des tirs sporadiques avec des policiers du commissariat. Les impacts des balles visibles encore au poste de police et sur le mur du 19è arrondissement, montrent bien l’ampleur de l’affrontement qui a eu lieu entre les deux corps.

Mon analyse de la situation

La première question qui vient à l’esprit est celle de savoir ce que fait un « corps habillé » dans un maquis avec son arme, qui est une dotation qu’il devrait utiliser seulement en service. Et puis, on connaît bien ces lieux appelés abusivement « temples de la joie » ! Ce ne sont pas des endroits où on peut rester longtemps lucide, vu ce à quoi on s’y adonne. Je me demande alors pourquoi le Sergent-Chef n’a pas laissé son arme chez lui (il dit lui-même habiter non loin du maquis), avant de rejoindre ses amis pour s’amuser.

La deuxième question est suscitée par l’une des réponses qu’a données le policier pour se défendre : « Je ne savais pas qu’il s’agissait de gendarmes ». Cette phrase signifie-t-elle que s’il l’avait su, il n’aurait pas fait usage de son arme ? Mais en même temps, cela donne une assez bonne idée de la conception que ce policier (peut-être pas le seul), a de sa mission à l’égard des civils ! Parce qu’il s’agissait de civils (du moins ce qu’il croyait), alors il pouvait leur faire la peau. Voyez-vous la gravité de ce raisonnement ?

Tercio, la réaction de représailles des gendarmes me semble inappropriée. Faire usage des munitions mises à leur disposition par le contribuable juste pour manifester leur colère, et subséquemment, terroriser toute la population d’un quartier, n’est pas digne de leur uniforme ! Rien que pour cela, ils doivent être punis.

Mais plus que toute autre chose, je crois que ce qu’il faut questionner, c’est le mode de recrutement et de formation de nos policiers, gendarmes et autres « corps habillés ». Force est de constater que depuis plusieurs années, l’entrée dans ces corps de service public est devenue un marché de corruption au su et au vu de tous, sans que personne n’ait le courage de le dénoncer ouvertement. On feint de ne pas voir le mal, et lorsqu’on est en face de ses conséquences logiques, on joue les étonnés, faisant des actions d’éclats sans lendemain. Voilà ce que j’en pense : les institutions de ce pays sont pourries dans leurs fondements, plus personne ne respecte aucune règle, et il faut un grand nettoyage des mentalités pour revenir à la normalité.

K@rl

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La Côte d’Ivoire au mondial 2010 : chronique d’un échec bien préparé !

Publié 13 mars 2010 par Karl
Catégories : Actualités, Côte d'Ivoire, J'aime pas !, Société, Sport

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Jacques Anoma, Président de la FIF

Aujourd’hui, nous sommes à jour J-89, et toutes les 32 équipes qualifiées pour la coupe du monde de football 2010 en Afrique du Sud se préparent activement. Toutes… sauf peut-être une !

En effet, la Côte d’Ivoire en est encore à se demander qui prendra les rênes de son équipe pour la conduire (à l’abattoir) en Afrique du Sud. Depuis la débâcle de Cabinda où s’est tenue la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), ce n’est que le 27 février 2010 que la décision de se séparer du franco-bosniaque Vahid Halilodzic a été rendue publique. Et depuis lors, rien concernant son remplacement. Au lieu de cela, le Président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), Monsieur Jacques Anoma, prend son temps comme s’il était question du recrutement à un nouveau poste dans une entreprise (un poste dont on a pu se passer jusque là). Aux dernières nouvelles, la « short list » d’Anoma comporterait désormais deux noms : ceux du français Philippe Troussier, ancien sélectionneur de Côte d’Ivoire, et du néerlandais Guus Hiddink.

Mais, encore une fois, je crois que les ivoiriens sont bien trop passifs par rapport à ce qui se passe pendant la préparation de la coupe du monde 2010. Et ce sont les mêmes qui vont pleurer, se lamenter et lancer des imprécations lorsque leur équipe aura fini de se faire humilier. Comment peut-on laisser faire de telles incongruités à la tête d’une fédération dite importante pour tout un pays ?

Tout d’abord, la décision du limogeage de Monsieur Halilodzic aurait dû tomber dès le lendemain de la défaite contre l’Algérie, c’est-à-dire dès le 22 janvier 2010. Au lieu de cela, c’est longtemps après (plus d’un mois après), certainement pour « soudoyer » les esprits de ceux qui l’attendaient à un plateau télévisé pour s’expliquer sur l’aventure cauchemardesque des éléphants en Angola, que la décision est prise.

Secundo, dans une situation où les jours sont comptés et où les matchs de préparation sont très importants, peut-on se permettre d’annoncer qu’on se sépare de son entraîneur sans avoir au préalable trouvé un remplaçant ? Au lieu de cela, la Côte d’Ivoire est allée se faire battre contre la Corée du Sud (2 – 0). Drôle de façon de forger la confiance des joueurs pour aller affronter le Brésil et le Portugal !

En un mot comme en mille, je dirais que s’il était possible, j’aurais souhaité que la Côte d’Ivoire n’aille pas à cette Coupe du monde, parce qu’on le voit déjà, ce sera une autre humiliation à la face de toute la planète. Mais, comme l’argent est plus important que l’honneur des peuples en ce monde où les finances tiennent la vie des hommes, je prédis que nous allons assister impuissant à des moments de déshonneur, grâce à une fédération qui manque de cohérence dans ses décisions. Vraiment dommage !

Bon, voilà, j’ai fini de cracher mes vérités. Maintenant j’attends vos réactions.

K@rl

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Processus électoral en Côte d’Ivoire : les insinuations tendancieuses d’un journaliste français

Publié 12 mars 2010 par Karl
Catégories : Actualités, Côte d'Ivoire, J'aime pas !, Politique, Réflexion, Société

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Youg Ji Choi

Si vous avez suivi comme moi l’émission matinale de Radio France International (RFI) intitulée « L’invité Afrique » de ce jour, vous avez dû noter qu’il était question pour le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Monsieur Young Jin Choi, de se prononcer sur les évolutions récentes du processus devant conduire à l’élection présidentielle dans le pays.

Sinon, je veux simplement rappeler que certaines questions m’ont paru déplacées et tendancieuses, comme si le journaliste, Monsieur Christophe Boisbouvier, voulait faire dire quelque chose en particulier à son invité.

La première question, c’est celle de la date probable des élections. Après avoir rappelé que dans un discours récent, le Président Gbagbo s’attend à des élections en avril- mars prochain, là où le Premier Ministre Soro Guillaume lui, parle de juin 2010, le journaliste demande au diplomate ce qu’il en pense. Et j’ai bien aimé sa réponse, qui ramène à la nature du processus et à ses étapes déterminantes plutôt qu’à un fétichisme des dates. En effet, M. Choi a indiqué que ce qui est important pour lui, c’est de franchir le cap de la liste électorale définitive, sans laquelle les prochaines étapes ne peuvent se dérouler. Il a donc insisté pour ne par donner de date, ce que je trouve être l’attitude la plus sensée dans la situation actuelle de la Côte d’Ivoire, marquée par plusieurs problèmes politiques qui n’en finissent pas de s’enchevêtrer.

La deuxième question du genre que j’ai trouvée trop orientée à mon goût, c’est celle portant sur le mode d’élaboration de la liste électorale définitive. Le journaliste a affirmé que le camp présidentiel a demandé que soient expurgés de la liste provisoire les étrangers qui n’ont par le droit de voter en Côte d’Ivoire (comme dans la plupart des pays du monde d’ailleurs !), et a demandé à l’invité ce qu’il en pense. A cette question, M. Choi a répondu tout simplement que cela est normal, pourvu que les contestations se fassent sur la base de preuves tangibles. A ce sujet, j’aimerais rappeler que le passage de la liste provisoire à la liste définitive n’est pas un processus spécifique ni à la situation de crise, ni même à la Côte d’Ivoire en tant que pays : même avant le 19 septembre 2002, le processus électoral prévoyait déjà qu’un travail de filtrage soit fait sur la première liste, pour en supprimer les personnes qui n’ont pas le droit d’y figurer (ivoiriens comme étrangers), et y rajouter ceux qui auraient été omis. Je trouve que cette façon de présenter les choses par M. Boisbouvier est soit une preuve d’ignorance patente, soit d’une naïveté coupable (je me refuse de croire qu’il cherche à faire passer des points de vue partisans). Mais à mon avis, le journaliste a pratiquement voulu faire dire par M. Choi que la liste provisoire sera celle qui servira à organiser les élections.

En tous cas, cet épisode, qui n’est malheureusement  pas le seul concernant RFI, montre que les média sont déterminants dans la compréhension que les personnes qui ne vivent pas la situation en la Côte d’Ivoire peuvent avoir de cette situation. C’est pour cela que je pense que des média alternatifs tels que les blogs, sont vraiment importants pour non seulement bien établir les faits, mais aussi véhiculer des analyses concurrentes qui permettraient à qui le veut de se faire sa propre opinion, sans être obligé de « gober » tout ce qui se dit par la bouche de soi-disant experts de pays que certains d’entre eux n’ont pratiquement jamais visité.

Au demeurant, en ce qui concerne les élections en Côte d’Ivoire, je pense que toutes les énergies devraient se fédérer autour de chaque étape, et les fixations d’objectifs se faire étape après étape. Qu’en pensez-vous ?

K@rl

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