Archive for the ‘Monde’ category

La journée de la liberté de la presse : pour quoi faire ?

5 mai 2010


Hier (lundi 3 mai 2010), le monde entier a célébré la journée de la liberté de la Presse. Celle journée internationale, instituée en 1990 avec comme objectif principal de promouvoir la liberté de la presse, maillon incontournable du développement de la démocratie, s’est déroulée alors que, selon Reporters Sans Frontières (RSF), la situation encore difficile pour les journalistes à travers le monde : en 2010, 9 Journalistes tués, 168 journalistes et 9 collaborateurs emprisonnés. Et les pays qui font offices de prédateurs en la matière sont la Chine, l’Iran, le Rwanda, le Nigeria… C’est dire combien, au 21ème siècle, l’information a un coût encore exhorbitant.

En Côte d’Ivoire, la journée a été marquée par l’organisation d’un panel sur le thème « Médias ivoiriens : les acquis des cinquante ans et les défis du futur » (lire le Frat Mat de ce jour). On comprend donc que c’est l’occasion de réfléchir sur le sens de la liberté de la presse et surtout, sur ce qui en est fait dans nos pays qui ont connu (et connaissent encore) une longue période de musellement de la presse, au service de la pensée unique véhiculée par le parti unique.

Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, on peut se réjouir d’une relative ouverture, en comparaison à l’époque du parti unique. En effet, avec l’instauration du multipartisme dans les années 1990, on a assisté à une floraison de lignes éditoriales qui, au fil du temps ont gagné, à force de combats et d’emprisonnements, une plus grande liberté dans le choix de l’information à diffuser et dans les opinions à promouvoir (même si ce n’est pas encore la perfection en la matière, loin s’en faut !).

Cependant, la question qui, à mon sens, mérite d’être posée en ce 20ème anniversaire de la journée mondiale de la liberté de la presse, c’est de savoir ce que les journalistes africains en général et en particulier ceux de la Côte d’Ivoire, ont fait de la plus grande liberté dont ils bénéficient aujourd’hui. Quelle gestion ?

À ce niveau, le bilan n’est pas des plus reluisants. Du tout ! On constate qu’au contraire de ce à quoi on devait s’attendre, il s’est installé (et renforcé dans le temps) une très forte corrélation entre journalisme et politique, une corrélation qui par sa nature s’avère néfaste à la démocratie. En effet, au lieu de chercher à améliorer leur professionnalisme et d’aborder les sujets avec le recul et la partialité nécessaires à une bonne information, plusieurs journaux sont à la solde, soit de partis politiques, soit d’hommes politiques dont ils se consacrent à faire l’apologie, au détriment de la recherche d’une information juste et l’expression d’opinions pertinentes. Désormais, il faut se méfier deux fois plus qu’avant des unes des journaux ivoiriens, surtout lorsqu’elles sont grosses et paraissent attractives. Parce qu’en général, elles annoncent un petit article dans lequel on trouve moins d’informations que d’atalaku (terme ivoirien désignant les louanges dites de quelqu’un) ou d’insultes.

Tout cela n’est pas fait pour arranger la démocratie, ni pour encourager le développement. S’il est vrai que la presse doit être libre pour soutenir la démocratie, il n’en reste pas moins que cette liberté a besoin d’une gestion rigoureuse par ceux qui tiennent la plume. C’est pour cela que je pense que les média sociaux en ligne tels que les blogs peuvent, s’ils sont bien utilisés, représenter une puissante alternative aux carences des journaux classiques et peut-être même les obliger (à travers la concurrence implicite), à réviser leur position. Pour que l’Afrique avance !

Ch@rlie

Réforme du système de santé américain : que signifie la victoire d’Obama ?

26 mars 2010

Une américaine acquise à la cause de la réforme Obama. Photo : Reuters

Barack Obama, on peut l’aimer ou ne pas l’aimer, mais il faut reconnaître qu’il est un modèle de ténacité et d’abnégation. Pendant plus d’un an, malgré les multiples oppositions à son idée de départ, il a réussi progressivement à gagner l’adhésion même des républicains les plus difficiles à convaincre, afin de faire passer sa réforme du système de soins de santé.
De quoi s’agit-il ?
Avant tout, il convient de décrire en quelques mots le système de soins de santé auquel la réforme s’attaque : aux États-Unis, l’assurance maladie dépend surtout d’assureurs privés. Les pouvoirs publics garantissent uniquement les soins aux personnes âgées ou démunies. Mais contrairement à ce que l’on peut croire, même les non-assurés ont accès à des soins de santé gratuits offerts par les hôpitaux publics, centres de santé communautaires, hôpitaux universitaires, etc.
En 2010, 83,5 % des Américains possèdent une assurance maladie et 50 millions (les 16,5% restants) en sont privés. Mais pour ces « exclus », il s’agit plus de non-assurance volontaire que d’incapacité à s’assurer. Le vrai problème avec ce système, c’est qu’il revient trop cher au gouvernement fédéral : d’après les données de l’OCDE, les dépenses publiques de santé s’élèvent à 2.464 $ par habitant, et une partie importante des cotisations n’est pas réinvestie dans la santé mais part en frais administratifs, marketing et bénéfices.
La proposition d’Obama
L’objectif poursuivi par la réforme du Président américain est de faire en sorte que tous les américains, quel que soit leur niveau de revenu, souscrivent à une assurance maladie, et de réduire de façon substantielle le gaspillage des ressources publiques en rationalisant les dépenses de santé, à travers notamment la lutte contre la fraude.
Pour ce faire, les principaux axes de cette réforme sont les suivants :
1. obliger tous les Américains à souscrire à une assurance avant 2014, sous peine de sanctions ;
2. obliger les assurances à couvrir tous les américains, quels que soient leurs antécédents médicaux ;
3. octroyer une aide financière aux familles à faibles revenus (revenus inférieurs à 88.000 dollars par an) à travers des crédits d’impôts
4. rendre le marché des assurances plus concurrentiel en vue de faire baisser les prix.
Évidemment, une telle réforme comporte un coût énorme, ce qui a longtemps été la pomme de discorde entre M. Obama et les détracteurs de ses propositions. En effet, la mise en œuvre des mesures nécessaires pour atteindre ces objectifs, nécessitera pas moins de 940 milliards de dollars (soit 455.890 milliards de FCFA) sur dix ans. Pour en assurer le financement, la réforme prévoit de lever de nouvelles taxes sur les revenus élevés, et d’agir dans le sens de la baisse des dépenses de santé.
Pourquoi je vous parle de tout ça ?
C’est vrai, les Etats-Unis, ce n’est pas l’Afrique. Mais rassurez-vous, ce n’est pas simplement pour nous amener à convoiter des situations inaccessibles pour nous les pauvres africains ! C’est surtout pour nous faire prendre conscience que dans un pays, quand on veut vraiment faire bouger les choses dans le bon sens, on peut y arriver, quelles que soient les oppositions et autres pesanteurs auxquelles on pourrait faire face. Et le succès d’Obama sur un sujet aussi figé au Etats-Unis (en tous cas depuis 1933 au moins), montre que si on a une race de nouveaux africains prêts à s’investir sans rien attendre en retour, le continent pourra enregistrer des avancées notables.
Pour que l’Afrique avance !
K@rl
Blogueur africain

Avatar ou le rêve de James

25 mars 2010

Avatar

Avatar - l'affiche

Si j’ai choisi de parler de ce film qui défraie la chronique, c’est parce que je l’ai regardé (trois fois déjà!), et que j’y ai trouvé des choses intéressantes à partager. Et pendant que je m’apprêtais à vous livrer mes élucubrations là-dessus, je me suis rendu compte que tout un monde (en ligne) est en train de se créer autour de ce film, et pas seulement pour des raisons évidentes de marketing !
Si je vous dis « kaltxi », cela n’évoque peut-être rien pour vous ! Mais laissez-moi vous dire que cela signifie « bonjour » dans la langue Na’vi, la langue des Omatikaya, cet étrange peuple bleu qui vit sur la planète Pandora, au pied de l’arbre-maison (HomeTree). Figurez-vous que James Cameron, ne voulant pas se limiter à faire semblant de créer un peuple avec une culture et une langue propres, l’a vraiment fait, même si ce peuple et cette langue n’existent que dans son film.
En effet, dans la plupart des cas, les réalisateurs ont pour habitude d’inventer quelques phrases étranges qu’ils font répéter aux acteurs tout au long du film, en prenant le soin, par exemple, de changer les intonations, histoire de faire croire à une langue à part. Mais pour Avatar, M. Cameron s’est attaché les services du Dr Paul Frommer, Professeur de linguistique, pour créer une langue intelligible et bien construite, que l’on peut même apprendre. Sur le site Learn Na’vi (http://www.learnnavi.org/), vous pouvez trouver plein de documents sur la langue et la culture de ce peuple (virtuel).
En fait, si je dis tous ça, c’est pour une seule raison : j’ai été impressionné par le travail abattu par James et son équipe pour réaliser le chef-d’œuvre que nous pouvons contempler aujourd’hui. Et cela me permet de dire que le succès fulgurant d’Avatar au box office n’est pas le fruit du hasard, comme il fallait s’y attendre. Ce film est l’un des plus coûteux de toute l’histoire du cinéma : selon The New York Times, le budget d’Avatar s’élèverait à 460 millions de dollars américains, mais son succès public fulgurant lui a permis de dégager des bénéfices après seulement dix jours d’exploitation, puis de récolter plus de 2,4 milliards de dollars américains de recettes (enregistrées au 21 février 2010). Les longs mois de recherche et de veilles de l’équipe ont fini par payer, et c’est là un des premiers enseignements à tirer de ce succès.
Pour en revenir à l’histoire, pour ne pas vous enlever l’envie de la découvrir (pour ceux qui ne l’ont pas encore fait), je dirais que pour moi, il s’agit ni plus ni moins que d’une Aude à la nature et d’un appel à respecter les autres créatures. Chose que les hommes ont du mal à comprendre aujourd’hui, eux qui ne savent même pas respecter leur propre vie ou celle de leurs semblables !
En tous cas, je vous conseille fortement de vous rendre en salle le plus tôt possible (si ce n’est déjà fait) pour déguster ce chef-d’oeuvre merveilleux, et vous mettre à rêver avec James d’un monde où la nature reprend sa place.
Bonne séance !

K@rl
Bloggeur africain