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La journée de la liberté de la presse : pour quoi faire ?

5 mai 2010


Hier (lundi 3 mai 2010), le monde entier a célébré la journée de la liberté de la Presse. Celle journée internationale, instituée en 1990 avec comme objectif principal de promouvoir la liberté de la presse, maillon incontournable du développement de la démocratie, s’est déroulée alors que, selon Reporters Sans Frontières (RSF), la situation encore difficile pour les journalistes à travers le monde : en 2010, 9 Journalistes tués, 168 journalistes et 9 collaborateurs emprisonnés. Et les pays qui font offices de prédateurs en la matière sont la Chine, l’Iran, le Rwanda, le Nigeria… C’est dire combien, au 21ème siècle, l’information a un coût encore exhorbitant.

En Côte d’Ivoire, la journée a été marquée par l’organisation d’un panel sur le thème « Médias ivoiriens : les acquis des cinquante ans et les défis du futur » (lire le Frat Mat de ce jour). On comprend donc que c’est l’occasion de réfléchir sur le sens de la liberté de la presse et surtout, sur ce qui en est fait dans nos pays qui ont connu (et connaissent encore) une longue période de musellement de la presse, au service de la pensée unique véhiculée par le parti unique.

Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, on peut se réjouir d’une relative ouverture, en comparaison à l’époque du parti unique. En effet, avec l’instauration du multipartisme dans les années 1990, on a assisté à une floraison de lignes éditoriales qui, au fil du temps ont gagné, à force de combats et d’emprisonnements, une plus grande liberté dans le choix de l’information à diffuser et dans les opinions à promouvoir (même si ce n’est pas encore la perfection en la matière, loin s’en faut !).

Cependant, la question qui, à mon sens, mérite d’être posée en ce 20ème anniversaire de la journée mondiale de la liberté de la presse, c’est de savoir ce que les journalistes africains en général et en particulier ceux de la Côte d’Ivoire, ont fait de la plus grande liberté dont ils bénéficient aujourd’hui. Quelle gestion ?

À ce niveau, le bilan n’est pas des plus reluisants. Du tout ! On constate qu’au contraire de ce à quoi on devait s’attendre, il s’est installé (et renforcé dans le temps) une très forte corrélation entre journalisme et politique, une corrélation qui par sa nature s’avère néfaste à la démocratie. En effet, au lieu de chercher à améliorer leur professionnalisme et d’aborder les sujets avec le recul et la partialité nécessaires à une bonne information, plusieurs journaux sont à la solde, soit de partis politiques, soit d’hommes politiques dont ils se consacrent à faire l’apologie, au détriment de la recherche d’une information juste et l’expression d’opinions pertinentes. Désormais, il faut se méfier deux fois plus qu’avant des unes des journaux ivoiriens, surtout lorsqu’elles sont grosses et paraissent attractives. Parce qu’en général, elles annoncent un petit article dans lequel on trouve moins d’informations que d’atalaku (terme ivoirien désignant les louanges dites de quelqu’un) ou d’insultes.

Tout cela n’est pas fait pour arranger la démocratie, ni pour encourager le développement. S’il est vrai que la presse doit être libre pour soutenir la démocratie, il n’en reste pas moins que cette liberté a besoin d’une gestion rigoureuse par ceux qui tiennent la plume. C’est pour cela que je pense que les média sociaux en ligne tels que les blogs peuvent, s’ils sont bien utilisés, représenter une puissante alternative aux carences des journaux classiques et peut-être même les obliger (à travers la concurrence implicite), à réviser leur position. Pour que l’Afrique avance !

Ch@rlie

Délestage en Côte d’Ivoire : est-ce vraiment fini ?

22 mars 2010

SEM. Laurent Gbagbao, Président de la République de Côte d'Ivoire

Depuis un peu plus de deux mois, la Côte d’Ivoire vit une situation (in)habituelle de délestage qui nous rappelle étrangement celle que nous avons vécue dans les années 80, et sur laquelle j’ai déjà écrit le 5 février dernier.

Aujourd’hui, je reviens sur ce sujet, parce que je crois que les dernières nouvelles, qui semblent entretenir une certaine euphorie, méritent qu’on s’y attarde un peu.

En effet, dans son adresse à la nation du 13 mars dernier, le Président de la République, SEM. Laurent Gbagbo, certainement sur l’éclairage des techniciens maison, promet la fin du calvaire pour dans quelques jours. Mais dans ce discours, il y a des passages qui ont retenu mon attention et m’ont amené à me poser des questions, questions que je voudrais partager avec vous, mes chers lecteurs :

« La cause essentielle de cette situation, c’est un accidentNous faisons face aux conséquences d’un accident. D’après les spécialistes, le type d’accident survenu à AZITO en décembre dernier est rare. Ni l’Etat ni les opérateurs eux-mêmes ne pouvaient le prévoir survenu le 22 décembre 2009 sur les installations de la centrale d’Azito. Cet accident a provoqué l’arrêt d’une turbine, entraînant une chute brutale de la production d’électricité… « . Moi je persiste à croire que même s’il s’agit d’un accident, non seulement on aurait pu l’éviter en respectant un bon programme d’entretien des installations disponibles, mais également, on aurait pu en limiter les conséquences en prenant les bonnes décisions depuis fort longtemps. A ce propos, je reviens sur les investissements qui auraient dû être faits depuis les années 80 après le premier délestage. Comprenez que mon propos n’est pas de fustiger l’action du gouvernement en place, mais de poser des questions pertinentes sur la gestion du pays depuis sa naissance.

« Au moment de l’accident, nous produisions 830 mégawatts, pour une demande moyenne de 875 mégawatts par jour. Soit un déficit de 30 mégawatts hors pointe. Ce déficit était dû à la baisse saisonnière du niveau de l’eau dans les barrages. La panne survenue à AZITO a réduit la production de 150 mégawatts, portant le déficit à 180 mégawatts, hors pointe« . Voyez-vous, chers lecteurs, cette information montre qu’en réalité, nous sommes dans une situation de « délestage permanent », contrairement à ce qu’on veut nous faire croire. Si la production ne parvient pas à couvrir la demande, pour un bien que l’on ne peut stocker, c’est dire que pour satisfaire tout le monde, il va falloir rationner certains clients à certaines périodes. Et je comprends maintenant ces petites coupures intempestives auxquelles on a fini par s’habituer, tellement elles sont devenues fréquentes et compte tenu de leur courte durée. En fait, on était en situation de délestage « à petite dose », et il a fallu « cet accident » pour qu’on se penche sur ce problème presque vieux comme la Côte d’Ivoire.

Voici encore l’illustration d’une caractéristique de la gouvernance africaine que je m’emploie à décrier chaque fois que j’en ai l’occasion : nous avons des pompiers à la place des planificateurs, et il faut des catastrophes pour qu’on sorte les échelles et les lance-eau…

« La politique des barrages hydroélectriques produisant de l’électricité à bon marché, a été abandonnée au profit de centrales thermiques. Ces infrastructures nous ont certes permis de combler le déficit de production mais elles ont contribué à creuser le déficit financier structurel du secteur. Il est avéré que l’électricité produite par les centrales thermiques est plus chère que celle produite par les centrales hydroélectriques« . Dans un pays tropical où on a le soleil au moins 12 heures par jour 365 jours par an, devant les problèmes de production hydroélectrique (peut-être dus à la sécheresse), on court vers le thermique, et cela résulte en un surcoût que l’Etat a du mal à combler. On entre donc dans un engrenage vicieux qui fait que ce que l’Etat aurait dû utiliser pour faire des investissements dans le secteur, doit être utilisé pour subventionner le bien produit en quantité insuffisante. Quelqu’un peut-il me dire combien coûte la production de l’énergie électrique solaire dans un pays ensoleillé comme la Côte d’Ivoire ?

« Nous avons encore une semaine à subir les délestages, le temps que la turbine d’AZITO soit réparée« . En tous cas, moi, je persiste à croire que tant que les capacités de production n’ont pas dépassé la demande d’au moins un tiers, on n’est pas à l’abri d’un autre « accident ». Ou bien ?

K@rl

Bloggeur africain

Madagascar : le syndrôme africain se répète !

18 mars 2010

Andry Rajoelina

Eh oui ! Les mêmes causes, dans les mêmes conditions, produisent inévitablement les mêmes effets. Et s’il y a, en Afrique, un pays qui illustre bien cette sagesse scientifique, c’est bien la Grande Île, elle qui a connu un long ballet de renversements consécutifs, sous l’oeil toujours approbateur du peuple (ou d’une partie du peuple ?).

Toujours est-il qu’après le dernier renversement en date, celui de Marc Ravalomanane par Andry Rajoelina, le pays est aujourd’hui plongé dans une crise politique dont les malgaches peinent à entrevoir la fin.

Que s’est-il passé ?

En effet, après plusieurs semaines de manifestations au bout desquelles l’armée a fini par prendre position pour lui, le Maire d’Antananarive a fini par prendre la place du Président malgache. On sait que par la suite, sous les auspices de la Communauté internationale (l’Union Africaine, la SADC, l’Organisation Internationale de la Francophonie et les Nations Unies), des accords ont été signés le 8 août 2009 à Maputo au Mozambique, par les quatre chefs de file des tendances politiques malgaches, en vue d’organiser une période de transition. Cette transition, qui ne devait pas durer plus de quinze mois à compter de la date de signature des accords, avait pour objectifs d’assurer la continuité de l’Etat et le respect de ses engagements nationaux et internationaux, de rétablir l’ordre et la sécurité, d’initier le processus « Vérité et Réconciliation », de concevoir et mettre en place des structures étatiques dans le respect mutuel  des diversités dans l’unité, et enfin, d’organiser les consultations populaires (referendum sur la constitution et élections) devant instaurer un nouvel ordre constitutionnel et mettre en place les institutions républicaines et démocratiques.Ces accords ont par ailleurs prévu, pour apaiser les tensions, une sorte d’aministie au profit des personnalités faisant l’objet de poursuites judiciaires, notamment Marc Ravalomanane.

Tout semblait bien parti quand, au grand dam de la communauté internationale, le nouvel homme fort d’Antananarive, Andry Rajoelina, montre des réticences à mettre en oeuvre lesdits accords. Plus de 7 mois après leur signature, on constate que rien n’a vraiment bougé, alors que la transition est censée ne durer que quinze mois.

La décision de l’Union Africaine

Devant le non respect des accords de Maputo, qu’elle impute principalement à Monsieur Rajoelina, l’Union Africaine a décidé de le contraindre à appliquer ce qu’il a signé de sa propre main (voir image ci-dessous), en lui infligeant des sanctions, à lui et à une centaine de ses partisans. Ces sanctions comprennent les restrictions de visa, le gel des avoirs dans les banques étrangères et les interdictions de voyage pour M. Rajoelina et 108 de ses partisans.

Signataires de l'Accord de Maputo

Mais ces décisions, que l’UA espère être endossées (et approfondies) par les autres acteurs de la scène politique internationale, suffiront-elles à faire fléchir le régime de Madagascar ? Rien n’est moins sûr, car dans le camp de M. Rajoelina, on évoque déjà un complot international (inédit) contre le pays. Certains de ses partisans affirment même que ces sanctions « ne leur font ni chaud ni froid », et le Président malgache de se faire passer pour un martyr au service du peuple : « si pour sauver le peuple, je dois subir des sanctions, alors je suis prêt à les assumer ».

Qui sont les vrais perdants ?

Entre-temps, les vrais perdants dans cette histoire, ce sont les 19 millions de malgaches qui, ayant cru en un véritable changement à l’avènement du nouveau régime, ne savent plus trop à quel saint se vouer.

Mais ce qu’il faut vraiment retenir dans cette histoire (valable pour tous les pays africains), c’est qu’il vaut mieux trouver les moyens d’impulser le changement par des voies pacifiques, que d’imposer un régime par la force, quelle que soit la légitimité dont celui-ci peut jouir auprès du peuple. Car l’histoire (lointaine comme récente) de l’Afrique a montré que pour la plupart, ce sont des personnes qui n’ont pas vraiment réfléchi à la direction que doit prendre le pays, et qui se lancent tôt ou tard dans des tergiversations préjudiciables à ceux qu’ils sont censés secourir. A bon entendeur, salut !

K@rl

Bloggeur africain

Crise entre policiers et gendarmes : quelle honte !

16 mars 2010

Un cargo de police

Le maquis « Le village zouglou » sis à Yopougon Niangon Toits rouges, sera désormais une bien sombre référence ! Car il a été le théatre de faits tout aussi insolites qu’anormaux, dont les suites n’ont pas fini de nous surprendre.

Que s’est-il passé ?

Pour ce qui est des faits, je ne vais pas m’y attarder, étant donné que les média abidjanais en ont fait un large écho. Mais avant de faire toute analyse, il est bon de rappeler qu’il s’agit d’un policier en arme qui, n’étant pas en service, lors d’une rixe dans ce fameux maquis, a usé de son outil de travail pour arracher la vie à deux gendarmes et à un étudiant. Ces faits se sont déroulés dans la nuit du vendredi 12 mars dernier. Selon la déposition du Sergent-Chef Tanoh (le meurtrier des trois autres protagonistes), il aurait agit de la sorte suite à une altercation survenue entre eux, pendant qu’il cherchait à protéger la nudité de deux jeunes filles (avec lesquelles il venait de partager des moments de gaité dans le maquis), et qui étaient allées se soulager dans un endroit à l’écart, endroit vers lequel les deux gendarmes se dirigeaient eux aussi. Lorsqu’il leur a demandé de ne pas y aller parce qu’il y avait déjà deux femmes, cela n’a pas été du goût des victimes, et la suite on la connaît :  injures, intimidation, bagarre, tirs de la part du policier, mort d’hommes.

Après ces malheureux événements, la tension est montée d’un cran hier matin (lundi), dans la commune de Yopougon. Un groupe de gendarmes, voulant exprimer leur colère par rapportau décès de deux de leurs frères d’arme, ont marché sur le commissariat du 19è arrondissement avant de prendre en otage deux officiers qu’il ont battus et blessés. Ayant réussi à encercler le commissariat, les gendarmes très en colère qui réclamaient le Sous-officier Tanoh (qui s’était déjà constitué prisonnier à la préfecture de police d’Abidjan) ont échangé des tirs sporadiques avec des policiers du commissariat. Les impacts des balles visibles encore au poste de police et sur le mur du 19è arrondissement, montrent bien l’ampleur de l’affrontement qui a eu lieu entre les deux corps.

Mon analyse de la situation

La première question qui vient à l’esprit est celle de savoir ce que fait un « corps habillé » dans un maquis avec son arme, qui est une dotation qu’il devrait utiliser seulement en service. Et puis, on connaît bien ces lieux appelés abusivement « temples de la joie » ! Ce ne sont pas des endroits où on peut rester longtemps lucide, vu ce à quoi on s’y adonne. Je me demande alors pourquoi le Sergent-Chef n’a pas laissé son arme chez lui (il dit lui-même habiter non loin du maquis), avant de rejoindre ses amis pour s’amuser.

La deuxième question est suscitée par l’une des réponses qu’a données le policier pour se défendre : « Je ne savais pas qu’il s’agissait de gendarmes ». Cette phrase signifie-t-elle que s’il l’avait su, il n’aurait pas fait usage de son arme ? Mais en même temps, cela donne une assez bonne idée de la conception que ce policier (peut-être pas le seul), a de sa mission à l’égard des civils ! Parce qu’il s’agissait de civils (du moins ce qu’il croyait), alors il pouvait leur faire la peau. Voyez-vous la gravité de ce raisonnement ?

Tercio, la réaction de représailles des gendarmes me semble inappropriée. Faire usage des munitions mises à leur disposition par le contribuable juste pour manifester leur colère, et subséquemment, terroriser toute la population d’un quartier, n’est pas digne de leur uniforme ! Rien que pour cela, ils doivent être punis.

Mais plus que toute autre chose, je crois que ce qu’il faut questionner, c’est le mode de recrutement et de formation de nos policiers, gendarmes et autres « corps habillés ». Force est de constater que depuis plusieurs années, l’entrée dans ces corps de service public est devenue un marché de corruption au su et au vu de tous, sans que personne n’ait le courage de le dénoncer ouvertement. On feint de ne pas voir le mal, et lorsqu’on est en face de ses conséquences logiques, on joue les étonnés, faisant des actions d’éclats sans lendemain. Voilà ce que j’en pense : les institutions de ce pays sont pourries dans leurs fondements, plus personne ne respecte aucune règle, et il faut un grand nettoyage des mentalités pour revenir à la normalité.

K@rl

Bloggeur africain

La Côte d’Ivoire au mondial 2010 : chronique d’un échec bien préparé !

13 mars 2010

Jacques Anoma, Président de la FIF

Aujourd’hui, nous sommes à jour J-89, et toutes les 32 équipes qualifiées pour la coupe du monde de football 2010 en Afrique du Sud se préparent activement. Toutes… sauf peut-être une !

En effet, la Côte d’Ivoire en est encore à se demander qui prendra les rênes de son équipe pour la conduire (à l’abattoir) en Afrique du Sud. Depuis la débâcle de Cabinda où s’est tenue la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), ce n’est que le 27 février 2010 que la décision de se séparer du franco-bosniaque Vahid Halilodzic a été rendue publique. Et depuis lors, rien concernant son remplacement. Au lieu de cela, le Président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), Monsieur Jacques Anoma, prend son temps comme s’il était question du recrutement à un nouveau poste dans une entreprise (un poste dont on a pu se passer jusque là). Aux dernières nouvelles, la « short list » d’Anoma comporterait désormais deux noms : ceux du français Philippe Troussier, ancien sélectionneur de Côte d’Ivoire, et du néerlandais Guus Hiddink.

Mais, encore une fois, je crois que les ivoiriens sont bien trop passifs par rapport à ce qui se passe pendant la préparation de la coupe du monde 2010. Et ce sont les mêmes qui vont pleurer, se lamenter et lancer des imprécations lorsque leur équipe aura fini de se faire humilier. Comment peut-on laisser faire de telles incongruités à la tête d’une fédération dite importante pour tout un pays ?

Tout d’abord, la décision du limogeage de Monsieur Halilodzic aurait dû tomber dès le lendemain de la défaite contre l’Algérie, c’est-à-dire dès le 22 janvier 2010. Au lieu de cela, c’est longtemps après (plus d’un mois après), certainement pour « soudoyer » les esprits de ceux qui l’attendaient à un plateau télévisé pour s’expliquer sur l’aventure cauchemardesque des éléphants en Angola, que la décision est prise.

Secundo, dans une situation où les jours sont comptés et où les matchs de préparation sont très importants, peut-on se permettre d’annoncer qu’on se sépare de son entraîneur sans avoir au préalable trouvé un remplaçant ? Au lieu de cela, la Côte d’Ivoire est allée se faire battre contre la Corée du Sud (2 – 0). Drôle de façon de forger la confiance des joueurs pour aller affronter le Brésil et le Portugal !

En un mot comme en mille, je dirais que s’il était possible, j’aurais souhaité que la Côte d’Ivoire n’aille pas à cette Coupe du monde, parce qu’on le voit déjà, ce sera une autre humiliation à la face de toute la planète. Mais, comme l’argent est plus important que l’honneur des peuples en ce monde où les finances tiennent la vie des hommes, je prédis que nous allons assister impuissant à des moments de déshonneur, grâce à une fédération qui manque de cohérence dans ses décisions. Vraiment dommage !

Bon, voilà, j’ai fini de cracher mes vérités. Maintenant j’attends vos réactions.

K@rl

Bloggeur africain

Processus électoral en Côte d’Ivoire : les insinuations tendancieuses d’un journaliste français

12 mars 2010

Youg Ji Choi

Si vous avez suivi comme moi l’émission matinale de Radio France International (RFI) intitulée « L’invité Afrique » de ce jour, vous avez dû noter qu’il était question pour le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Monsieur Young Jin Choi, de se prononcer sur les évolutions récentes du processus devant conduire à l’élection présidentielle dans le pays.

Sinon, je veux simplement rappeler que certaines questions m’ont paru déplacées et tendancieuses, comme si le journaliste, Monsieur Christophe Boisbouvier, voulait faire dire quelque chose en particulier à son invité.

La première question, c’est celle de la date probable des élections. Après avoir rappelé que dans un discours récent, le Président Gbagbo s’attend à des élections en avril- mars prochain, là où le Premier Ministre Soro Guillaume lui, parle de juin 2010, le journaliste demande au diplomate ce qu’il en pense. Et j’ai bien aimé sa réponse, qui ramène à la nature du processus et à ses étapes déterminantes plutôt qu’à un fétichisme des dates. En effet, M. Choi a indiqué que ce qui est important pour lui, c’est de franchir le cap de la liste électorale définitive, sans laquelle les prochaines étapes ne peuvent se dérouler. Il a donc insisté pour ne par donner de date, ce que je trouve être l’attitude la plus sensée dans la situation actuelle de la Côte d’Ivoire, marquée par plusieurs problèmes politiques qui n’en finissent pas de s’enchevêtrer.

La deuxième question du genre que j’ai trouvée trop orientée à mon goût, c’est celle portant sur le mode d’élaboration de la liste électorale définitive. Le journaliste a affirmé que le camp présidentiel a demandé que soient expurgés de la liste provisoire les étrangers qui n’ont par le droit de voter en Côte d’Ivoire (comme dans la plupart des pays du monde d’ailleurs !), et a demandé à l’invité ce qu’il en pense. A cette question, M. Choi a répondu tout simplement que cela est normal, pourvu que les contestations se fassent sur la base de preuves tangibles. A ce sujet, j’aimerais rappeler que le passage de la liste provisoire à la liste définitive n’est pas un processus spécifique ni à la situation de crise, ni même à la Côte d’Ivoire en tant que pays : même avant le 19 septembre 2002, le processus électoral prévoyait déjà qu’un travail de filtrage soit fait sur la première liste, pour en supprimer les personnes qui n’ont pas le droit d’y figurer (ivoiriens comme étrangers), et y rajouter ceux qui auraient été omis. Je trouve que cette façon de présenter les choses par M. Boisbouvier est soit une preuve d’ignorance patente, soit d’une naïveté coupable (je me refuse de croire qu’il cherche à faire passer des points de vue partisans). Mais à mon avis, le journaliste a pratiquement voulu faire dire par M. Choi que la liste provisoire sera celle qui servira à organiser les élections.

En tous cas, cet épisode, qui n’est malheureusement  pas le seul concernant RFI, montre que les média sont déterminants dans la compréhension que les personnes qui ne vivent pas la situation en la Côte d’Ivoire peuvent avoir de cette situation. C’est pour cela que je pense que des média alternatifs tels que les blogs, sont vraiment importants pour non seulement bien établir les faits, mais aussi véhiculer des analyses concurrentes qui permettraient à qui le veut de se faire sa propre opinion, sans être obligé de « gober » tout ce qui se dit par la bouche de soi-disant experts de pays que certains d’entre eux n’ont pratiquement jamais visité.

Au demeurant, en ce qui concerne les élections en Côte d’Ivoire, je pense que toutes les énergies devraient se fédérer autour de chaque étape, et les fixations d’objectifs se faire étape après étape. Qu’en pensez-vous ?

K@rl

Bloggeur africain

Pénurie d’eau à Abidjan : le calvaire inexpliqué des populations !

2 mars 2010

L'eau, source de vie est devenue une denrée rare à Abidjan

Depuis plusieurs semaines, un phénomène nouveau a vu le jour à Abidjan. Il n’est plus rare de rencontrer des attroupements, même dans les quartiers comme Angré, de jeunes filles munies de récipients à la recherche de l’or bleu. Eh oui ! Abidjan d’aujourd’hui est devenu dûr !

Dans certaines cités, pour avoir de l’eau, il faut pratiquement organiser des veillées de recueillement d’eau, tellement la pression est faible quand il y a de l’eau. A Angré, ceux dont les veillées n’ont rien donné, peuvent encore se faire gruger en achetant 20 litres d’eau pour 500FCFA. Le pire dans tout cela, c’est que la Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire (SODECI), non contente de mener la vie dure à ses clients, ne pense même pas à leur donner ne serait-ce que des explications sur le cauchemar qu’ils vivent en ce moment.

En effet, lorsque j’ai cherché à comprendre ce qui se passe, j’ai été (quasiment) tourné en bourrique par les interlocuteurs que j’ai eus à la Direction Technique de la SODECI. Il m’a été expliqué que les coupures intempestives de la fourniture d’eau ces derniers temps (depuis plusieurs semaines), sont dues au fait que la Compagnie Ivoirienne d’Electricité (CIE), au titre de son programme de délestage, est amenée à interrompre la fourniture de l’électricité dans certaines stations de traitement de l’eau, dont celle qui dessert la zone où j’habite. Mais cette information, aussi logique soit-elle, m’a amené à me poser une question tout aussi logique : pourquoi la CIE, après avoir pris la mesure du problème, continuerait-elle à rationner la SODECI, mettant ainsi en péril de nombreux consommateurs d’eau potable de la capitale économique de la Côte d’Ivoire ?

Cette question m’a obligé à joindre la Direction Technique de la CIE qui m’a assuré mordicus qu’au début du programme de délestage, des réunions (techniques) ont eu lieu entre les deux sociétés, et une entente a été conclue pour éviter des désagréments aux usagers de la SODECI. Il s’agissait pour la CIE d’exclure autant que possible les stations de traitement de la SODECI de son programme de délestage, et au pire des cas, de les équiper en groupes électrogènes pour leur permettre de continuer à fonctionner malgré les coupures d’électricité. Où se trouve donc la vérité dans cette affaire ?

Voyez-vous, après avoir recueilli ces informations, je demeure comme la plupart des clients de la SODECI : je  paye mes factures, je n’ai pas d’eau quand j’en ai besoin, et on s’en fout complètement que je comprenne ce qui se passe ou pas. Quelle foutaise !

A mon avis, la SODECI devrait faire amende honorable en fournissant de l’eau (dans des citernes ou par tous autres moyens) à tous les usagers qui sont dans mon cas, et ce jusqu’au rétablissement total de la fourniture normale de l’eau. Juste comme elle l’a fait avec les victimes de Yopougon Coprim. Mais, encore une fois, les populations abidjanaises exigeront-elles que leurs droits soient respectés ? Là est la question !

K@rl

Bloggeur africain