Archive for the ‘Economie’ category

Réforme du système de santé américain : que signifie la victoire d’Obama ?

26 mars 2010

Une américaine acquise à la cause de la réforme Obama. Photo : Reuters

Barack Obama, on peut l’aimer ou ne pas l’aimer, mais il faut reconnaître qu’il est un modèle de ténacité et d’abnégation. Pendant plus d’un an, malgré les multiples oppositions à son idée de départ, il a réussi progressivement à gagner l’adhésion même des républicains les plus difficiles à convaincre, afin de faire passer sa réforme du système de soins de santé.
De quoi s’agit-il ?
Avant tout, il convient de décrire en quelques mots le système de soins de santé auquel la réforme s’attaque : aux États-Unis, l’assurance maladie dépend surtout d’assureurs privés. Les pouvoirs publics garantissent uniquement les soins aux personnes âgées ou démunies. Mais contrairement à ce que l’on peut croire, même les non-assurés ont accès à des soins de santé gratuits offerts par les hôpitaux publics, centres de santé communautaires, hôpitaux universitaires, etc.
En 2010, 83,5 % des Américains possèdent une assurance maladie et 50 millions (les 16,5% restants) en sont privés. Mais pour ces « exclus », il s’agit plus de non-assurance volontaire que d’incapacité à s’assurer. Le vrai problème avec ce système, c’est qu’il revient trop cher au gouvernement fédéral : d’après les données de l’OCDE, les dépenses publiques de santé s’élèvent à 2.464 $ par habitant, et une partie importante des cotisations n’est pas réinvestie dans la santé mais part en frais administratifs, marketing et bénéfices.
La proposition d’Obama
L’objectif poursuivi par la réforme du Président américain est de faire en sorte que tous les américains, quel que soit leur niveau de revenu, souscrivent à une assurance maladie, et de réduire de façon substantielle le gaspillage des ressources publiques en rationalisant les dépenses de santé, à travers notamment la lutte contre la fraude.
Pour ce faire, les principaux axes de cette réforme sont les suivants :
1. obliger tous les Américains à souscrire à une assurance avant 2014, sous peine de sanctions ;
2. obliger les assurances à couvrir tous les américains, quels que soient leurs antécédents médicaux ;
3. octroyer une aide financière aux familles à faibles revenus (revenus inférieurs à 88.000 dollars par an) à travers des crédits d’impôts
4. rendre le marché des assurances plus concurrentiel en vue de faire baisser les prix.
Évidemment, une telle réforme comporte un coût énorme, ce qui a longtemps été la pomme de discorde entre M. Obama et les détracteurs de ses propositions. En effet, la mise en œuvre des mesures nécessaires pour atteindre ces objectifs, nécessitera pas moins de 940 milliards de dollars (soit 455.890 milliards de FCFA) sur dix ans. Pour en assurer le financement, la réforme prévoit de lever de nouvelles taxes sur les revenus élevés, et d’agir dans le sens de la baisse des dépenses de santé.
Pourquoi je vous parle de tout ça ?
C’est vrai, les Etats-Unis, ce n’est pas l’Afrique. Mais rassurez-vous, ce n’est pas simplement pour nous amener à convoiter des situations inaccessibles pour nous les pauvres africains ! C’est surtout pour nous faire prendre conscience que dans un pays, quand on veut vraiment faire bouger les choses dans le bon sens, on peut y arriver, quelles que soient les oppositions et autres pesanteurs auxquelles on pourrait faire face. Et le succès d’Obama sur un sujet aussi figé au Etats-Unis (en tous cas depuis 1933 au moins), montre que si on a une race de nouveaux africains prêts à s’investir sans rien attendre en retour, le continent pourra enregistrer des avancées notables.
Pour que l’Afrique avance !
K@rl
Blogueur africain

Côte d’Ivoire : conclusions de la dernière mission du FMI (du 04 au 18 mars 2010)

23 mars 2010

Mme Doris Ross, Chef de la Mission du FMI

Une mission du Fonds monétaire international (FMI), conduite par Mme Doris Ross, a séjourné en République de Côte d’Ivoire, du 04 au 19 mars. La mission a rencontré le ministre de l’Economie et des Finances, M. Charles Koffi Diby, plusieurs autres ministres, ainsi que des hauts responsables de la BCEAO, de l’administration publique, du secteur privé, des bailleurs de fonds et des partis politiques. Elle a été reçue en audience par le Président de la République, SEM Laurent Gbagbo. Des représentants de la Banque Mondiale et de la BAD ont participé à certaines discussions.
La mission a passé en revue la mise en œuvre du programme économique et de la stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) en 2009, appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC, antérieurement Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance, FRPC) du FMI. Elle a actualisé les perspectives économiques de la Côte d’Ivoire tenant compte des récents événements sociopolitiques et des difficultés dans le secteur de l’électricité et mené des discussions avec les autorités en vue de la deuxième revue du programme appuyé par la FEC. Ces discussions se sont appesanties sur des ajustements nécessaires pour s’assurer que le programme économique de 2010 reste conforme à ses objectifs en matière de politique économique et sociale.
Au terme de cette visite, Mme Ross a publié la déclaration suivante aujourd’hui à Yamoussoukro… Lire la suite

Source : Le Patriote

Délestage en Côte d’Ivoire : est-ce vraiment fini ?

22 mars 2010

SEM. Laurent Gbagbao, Président de la République de Côte d'Ivoire

Depuis un peu plus de deux mois, la Côte d’Ivoire vit une situation (in)habituelle de délestage qui nous rappelle étrangement celle que nous avons vécue dans les années 80, et sur laquelle j’ai déjà écrit le 5 février dernier.

Aujourd’hui, je reviens sur ce sujet, parce que je crois que les dernières nouvelles, qui semblent entretenir une certaine euphorie, méritent qu’on s’y attarde un peu.

En effet, dans son adresse à la nation du 13 mars dernier, le Président de la République, SEM. Laurent Gbagbo, certainement sur l’éclairage des techniciens maison, promet la fin du calvaire pour dans quelques jours. Mais dans ce discours, il y a des passages qui ont retenu mon attention et m’ont amené à me poser des questions, questions que je voudrais partager avec vous, mes chers lecteurs :

« La cause essentielle de cette situation, c’est un accidentNous faisons face aux conséquences d’un accident. D’après les spécialistes, le type d’accident survenu à AZITO en décembre dernier est rare. Ni l’Etat ni les opérateurs eux-mêmes ne pouvaient le prévoir survenu le 22 décembre 2009 sur les installations de la centrale d’Azito. Cet accident a provoqué l’arrêt d’une turbine, entraînant une chute brutale de la production d’électricité… « . Moi je persiste à croire que même s’il s’agit d’un accident, non seulement on aurait pu l’éviter en respectant un bon programme d’entretien des installations disponibles, mais également, on aurait pu en limiter les conséquences en prenant les bonnes décisions depuis fort longtemps. A ce propos, je reviens sur les investissements qui auraient dû être faits depuis les années 80 après le premier délestage. Comprenez que mon propos n’est pas de fustiger l’action du gouvernement en place, mais de poser des questions pertinentes sur la gestion du pays depuis sa naissance.

« Au moment de l’accident, nous produisions 830 mégawatts, pour une demande moyenne de 875 mégawatts par jour. Soit un déficit de 30 mégawatts hors pointe. Ce déficit était dû à la baisse saisonnière du niveau de l’eau dans les barrages. La panne survenue à AZITO a réduit la production de 150 mégawatts, portant le déficit à 180 mégawatts, hors pointe« . Voyez-vous, chers lecteurs, cette information montre qu’en réalité, nous sommes dans une situation de « délestage permanent », contrairement à ce qu’on veut nous faire croire. Si la production ne parvient pas à couvrir la demande, pour un bien que l’on ne peut stocker, c’est dire que pour satisfaire tout le monde, il va falloir rationner certains clients à certaines périodes. Et je comprends maintenant ces petites coupures intempestives auxquelles on a fini par s’habituer, tellement elles sont devenues fréquentes et compte tenu de leur courte durée. En fait, on était en situation de délestage « à petite dose », et il a fallu « cet accident » pour qu’on se penche sur ce problème presque vieux comme la Côte d’Ivoire.

Voici encore l’illustration d’une caractéristique de la gouvernance africaine que je m’emploie à décrier chaque fois que j’en ai l’occasion : nous avons des pompiers à la place des planificateurs, et il faut des catastrophes pour qu’on sorte les échelles et les lance-eau…

« La politique des barrages hydroélectriques produisant de l’électricité à bon marché, a été abandonnée au profit de centrales thermiques. Ces infrastructures nous ont certes permis de combler le déficit de production mais elles ont contribué à creuser le déficit financier structurel du secteur. Il est avéré que l’électricité produite par les centrales thermiques est plus chère que celle produite par les centrales hydroélectriques« . Dans un pays tropical où on a le soleil au moins 12 heures par jour 365 jours par an, devant les problèmes de production hydroélectrique (peut-être dus à la sécheresse), on court vers le thermique, et cela résulte en un surcoût que l’Etat a du mal à combler. On entre donc dans un engrenage vicieux qui fait que ce que l’Etat aurait dû utiliser pour faire des investissements dans le secteur, doit être utilisé pour subventionner le bien produit en quantité insuffisante. Quelqu’un peut-il me dire combien coûte la production de l’énergie électrique solaire dans un pays ensoleillé comme la Côte d’Ivoire ?

« Nous avons encore une semaine à subir les délestages, le temps que la turbine d’AZITO soit réparée« . En tous cas, moi, je persiste à croire que tant que les capacités de production n’ont pas dépassé la demande d’au moins un tiers, on n’est pas à l’abri d’un autre « accident ». Ou bien ?

K@rl

Bloggeur africain

Délestage en Côte d’Ivoire : 2010 comme 1984 !

5 février 2010

La Côte d'Ivoire en panne d'électricité

Voilà, ça y est, on y est, c’est le rationnement de l’électricité en Côte d’Ivoire, pourtant pays exportateur d’énergie d’électrique. Ça va donner l’occasion aux plus jeunes de vivre à leur tour ce que leurs aînés ont connu dans les années 1980, au temps du grand Houphouet Boigny où l’on parlait sans cesse de « conjoncture » et de « délestage ».

C’est dire tout de suite qu’en Côte d’Ivoire comme dans beaucoup de pays africains, on ne peut pas mettre tous les problèmes sur le dos d’un seul dirigeant. Parce qu’aucun ne sort vraiment du lot.

Mais, revenant à nos moutons, de quoi s’agit-il ? En fait, cela avait été annoncé depuis au moins deux ans, sinon quatre. En consultant la parution du journal L’Inter du 10 mars 2008, je me suis rendu compte qu’à l’époque déjà, on parlait des capacités de productions qui étaient insuffisantes par rapport à une consommation sans cesse croissante. On disait aussi que « le parc de production de l’électricité de notre pays est vieux, très vieux même, avec une moyenne d’âge de 24 ans et ce, depuis le 1er barrage hydroélectrique d’Ayamé 1 qui a 49 ans d’existence cette année jusqu’à la centrale thermique d’Azito 2 qui a 9 ans ». Et comme l’énergie électrique ne peut pas être stockée, la Compagnie Ivoirienne d’électricité (CIE) est obligée de jongler comme un trapéziste, surtout aux heures de pointe.

Moi je pensais que si pour une fois, on avait anticipé les risques, normalement, quelque chose devrait être fait pour éviter le pire. En effet, la seule solution, c’est d’augmenter les capacités de production à travers un programme ambitieux d’investissements qui, selon le cadre réglementaire du secteur, est du ressort de l’Etat à qui appartient tout le patrimoine.

Mais voilà, j’avais oublié qu’on était en Côte d’Ivoire, et que la sortie de crise (qui piétine toujours) était plus urgente que la sécurité énergétique. C’est comme ça qu’aujourd’hui, on entend le Directeur Général de l’Energie et le Directeur Général de la CIE chanter en chœur : « La fourniture de l’électricité pourrait être perturbée sur l’ensemble du territoire de février à mai 2010… cela a pour cause principale un déficit de production dont l’origine est une avarie survenue sur un groupe important du parc de production du réseau électrique depuis le 22 décembre dernier ».

Le pire, c’est que rien n’est fait pour amortir l’impact de cette situation sur le bien-être des populations. Car, si pour les entreprises, la CIE a promis de les rencontrer, rien n’est fait en direction des ménages. Aucun programme de rationnement pour permettre aux gens de prendre leurs dispositions afin de limiter les dégâts sur les appareils électroménagers. Je suis allé sur le site de la CIE, il n’y a aucune communication sur le sujet. C’est à croire que l’avis de ses clients n’est pas important pour cette entreprise. Ah oui, j’oubliais encore : on est en Côte d’Ivoire et les clients sont des esclaves à qui tout monopole peut dicter sa loi. Où avais-je la tête ! Et même sur le site du Gouvernement, un programme de rationnement est paru le 4 février pour couvrir la période du 2 au 8 février, et ne concerne que les villes de l’intérieur. J’espère que pour les prochaines semaines, on aura des programmes de rationnement plus précis et qui paraissent à temps !

K@rl

Bloggeur africain

Hausse des prix des carburants à la pompe : pauvres consommateurs !

2 février 2010


Les automobilistes ivoiriens paieront le carburant plus cher au cours du mois de février 2010, parce que, vu l’augmentation des cours mondiaux du pétrole, le gouvernement a décidé de relever les prix à la pompe. Ainsi, l’essence super sans plomb voit son prix passer de 708F le litre à 739F (soit une augmentation de 4,4%), le gasoil de 593F le litre à 615F (+3,7%), et le pétrole lampant de 498F le litre à 522F (+4,8).
On est désormais habitué à ces fluctuations, vous me direz ! C’est vrai, depuis plusieurs mois déjà, à la faveur de la mise en œuvre du mécanisme d’ajustement automatique des prix, inscrit dans le programme financier conclu avec les Institutions de Bretton Woods, le gouvernement ivoirien fixe désormais de nouveaux prix à chaque début de mois.
Mais là où je trouve qu’il y a problème, c’est dans les nouveaux comportements adoptés par les participants au marché. Je ne sais pas si vous avez remarqué comme moi qu’à la veille des augmentations, comme par hasard (quelle coïncidence !), il y a toujours une pénurie de carburant dans la plupart des stations, même les plus grandes ! Et à l’inverse, quand on s’attend à une baisse des prix, ces stations essence se tuent pour servir les clients jusque tard dans la nuit. Ce comportement n’est rien d’autre que de la spéculation. Eh oui, nous sommes dans un pays où chacun peut faire ce qu’il veut, sans en être inquiété. Alors que ces comportements peuvent être bannis pour atténuer l’impact des fluctuations des prix sur le bien-être des populations.

Lutte contre la corruption : l’Union Africaine s’y met enfin !

1 février 2010

En matière de lutte contre la corruption en Afrique, on est déjà habitué aux initiatives nationales sans grande conviction, ainsi qu’à celles des ONG qui se démènent comme de baux diables sans grand résultat. À ce propos, on peut rappeler l’initiative « Publish What You Pay » (PWYP, en français Publiez ce Que Vous Payez – PQVP), émanant d’une coalition d’ONG qui, en 2002, ont décidé mettre sur le devant de la scène la nécessité d’une gestion plus claire des revenus issus des industries minières, pétrolières ou gazière dans les pays en développement.

Enfin, l’Union Africaine (UA) a décidé de s’attaquer à l’un des plus grands maux des économies africaines. Et je crois que ce n’est vraiment pas trot tôt !

En effet, selon une étude disponible au niveau de la Commission de l’UA, la corruption fait perdre à l’Afrique le bénéfice de 10% de ses richesses. Outre les administrations publiques qui sont souvent touchées au plus haut niveau, cette corruption se traduit par le trafic de drogue et le blanchissement d’argent.

C’est pour cela que l’organisation panafricaine a décidé, lors d’une rencontre tenue le mercredi 27 janvier dernier, de créer d’une Commission spéciale de lutte contre la corruption, dont le rôle sera principalement d’aider les États africains à se doter de législations anti-corruption.

Même si l’initiative est louable, il faut reconnaître que pour ce qui concerne son efficacité (en terme de réduction de la corruption), rien ne la garantit. Car, si le rôle de cette nouvelle commission se limite à « encourager » les États à mettre en place des mécanismes anti-corruption, j’avoue que je n’y crois pas du tout. On sait très bien que dans nos contrées, une chose est de voter les lois et de mettre en place des institutions, mais une autre, très différente, est de mettre en œuvre effectivement les mécanismes décidés. La convention de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption est là pour nous le rappeler, elle qui, depuis le 11 juillet 2003, cherche à « Promouvoir et renforcer la mise en place en Afrique, par chacun des États parties, des mécanismes nécessaires pour prévenir, détecter, réprimer et éradiquer la corruption et les infractions assimilées dans les secteurs public et privé » (article 2). Ce qu’il faut, c’est une vraie « police supranationale » qui a le droit de sanctionner les régimes. Oui, à mon avis, le mal est si profond que pour le chasser, les États africains n’ont pas d’autre choix que d’abandonner une partie de leur souveraineté aux mains d’une institution comme l’Union Africaine, du moins dans ce domaine (et dans plusieurs autres d’ailleurs !).

Sinon, ce ne sera qu’une énième initiative comme on a maintenant pris l’habitude de les voir : elles naissent en grandes pompes, cristallisant tous les espoirs des peuples africains, mais elles s’éteignent dans un anonymat tout aussi remarquable, parce que les résultats ne suivent pas.

K@rl

Blogueur africain