Election présidentielle au Togo : Faure passe sur fond de contestations

Élection présidentielle au Togo : dépouillement dans un bureau de vote

Dans la plupart des pays africains, il semble que l’histoire récente aime à se répéter inlassablement. Difficile de comprendre pourquoi les (contre-)exemples des uns n’édifient pas les autres.

Après le Gabon, c’est le tour du Togo d’asseoir sa dynasite (démocratique) à la tête du pays. En effet, les résultats provisoires du scrutin présidentiel du jeudi 4 mars dernier, annoncés par le porte-parole de la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI), donne Monsieur Faure Gnassimgbé, le fils du père Eyadéma, vainqueur avec environ 60% des voix, loin devant Jean-Pierre Fabre, le candidat de l’Union des Forces du Changement (UFC). Comme il fallait s’y attendre, et cela sans attendre le moins du monde, le candidat déclaré perdant s’est insurgé contre ces résultats qu’il a traités de fallacieux. Pour lui, non seulement la CENI a agi au mépris de ses propres règlements intérieurs, mais plus, les procès-verbaux des 5000 bureaux de votes le donneraient gagnant à près de 55% voir 60% du suffrage exprimé.

Du coup, on se retouve dans une situation bien cocasse, mais somme toute bien habituelle des pays africains. Tellement habituelle que cela est devenu presque normal : une opposition qui va en rangs dispersés à des élections dont elle ne se donne pas vraiment les moyens de peser sur l’organisation, et qui au finish crie au loup ! C’est un cliché dont on se serait bien passé dans bien de pays africains.

Car, rappelons-le, les candidats de l’opposition togolaise auraient pu (dû) s’entendre pour choisir un représentant, bien sûr en arrêtant une clé de répartition du pouvoir exécutif en cas de victoire. A mon avis, si c’est vraiment une opposition par rapport à la façon de gérer de la dynastie Gnassimgbé, et qui veut proposer une alternative idéologique et pratique, l’entente sur un seul nom (de préférence celui jouissant de la plus grande aura auprès du peuple), ne devrait pas poser de problème. C’est pourquoi je ne peux m’empêcher de croire que chaque fois que l’opposition d’un pays africain ne peut pas s’entendre pour aller aux élections derrière un seul candidat, cela dénote du fait que chacun milite pour lui-même et non pour le peuple, en réalité. Car si ce sont les intérêts du peuple qui priment, si c’est vraiment cela, qu’importe celui qui sera au devant, pourvu que notre idéologie et notre mode de gestion soit adopté pour alléger la souffrance dudit peuple !

Et puis, il faut également se souvenir qu’à la veille de ces élections au Togo, l’opposition avait boycotté les séances du parlement qui ont révisé le code électoral. Elle n’a donc pas participé au débat sur l’organisation du scrutin, mais est quand même allée aux élections. Cela ne vous semble-t-il pas pour le moins incohérent ? C’est vrai qu’on jette souvent la pierre aux partis au pouvoir et à ceux qui dirigent les pays africains, mais il faut également reconnaître que les oppositions non plus ne font pas le poids dans la plupart de nos pays. Et c’est dommage pour les peuples !

En attendant, espérons que l’appel à la marche du mardi 9 mars (demain), lancé par l’opposition pour protester (pacifiquement) contre les résultats de cette élection, ne fassent pas sombrer le Togo dans une situation similaire à celle de mars 2005. Suivez mon regard…

K@rl

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One Comment sur “Election présidentielle au Togo : Faure passe sur fond de contestations”

  1. moshe Says:

    Au Togo comme au Gabon; et peut-être prochainement en Egypte?
    Si l’opposition ne s’entend pas , c’est que les différentes composantes de l’opposition NE SE FONT PAS CONFIANCE pour la répartition des postes en cas de victoire. Ce manque de confiance se répercuterait aussi dans la gestion du pouvoir en cas de victoire: ce qui se révèle au grand jour quand les ‘anciennes oppositions’ arrivent au pouvoir; on ne les reconnait plus.
    En fait la culture démocratique n’est pas vraiment ancrée dans nos politiques; mais c’est ceux qui sont au pouvoir qui sont toujours accusé de cette carence.
    JP Fabre voudrait donc dire que les résultats ont été inversés: 60% pour lui (et non l’opposition) et 30% pour Gnassingbé?
    Je pense que JP Fabre devrait plutôt affuter ses armes pour les législatives et les la prochaine présidentielle: il aurait plus d’arguments pour juger Faure Gnassingbé (celui-ci aura posé des actes durant un mandat). Si le programme politique de JP Fabre nse résume à une simple ‘revanche’ sur la famille Gnassingbé alors on comprend les résultats.
    Il faut que l’opposition accepte de faire des alliances stratégiques.
    Peut-être que si le régime n’était pas PRESIDENTIEL mais plutôt parlementaire, la politique togolaise serait faite autrement.
    Les togolais sont-ils prêts à faire cet essai?
    __________moshe__________


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