Blocage du processus électoral en Côte d’Ivoire : vers une solution ?

Manifestations anti-gbagbo à Bouaké

La vie des populations ivoiriennes a été rythmée ces derniers jours, par des violences localisées ayant fait des dizaines de morts et plusieurs blessés. Cette situation anormale, qui couvait depuis l’éclatement du scandale des 429.000 vrais faux électeurs du Président de la Commission Electorale Indépendante et le Gouvernement (CEI) Robert Beugré Mambé, s’est installée après la décision du Président de la République Laurent Gbagbo de dissoudre la CEI.

Les négociations ayant réuni les signataires des différents accords de résolution de la crise ivoirienne à Ouagadougou autour du Facilitateur SEM. Blaise Compaoré, Président du Faso, n’ayant pas abouti, le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) a appelé ses militants à la désobéissance, arguant ne plus reconnaître au Président Gbagbo la qualité de Chef de l’Etat. La suite, on la connaît : des biens publics saccagés, des personnes tuées par des forces de l’ordre déterminées à faire règner l’ordre, et une psychose grandissante au sein de la population, en raison de diverses rumeurs annonçant (à tort ou à raison) des violence ici et là.

Et, dans cette grisaille, contre toute attente, alors que pour tous les observateurs, les positions des deux camps semblaient figées (à jamais), une visite éclair du Président Compaoré le lundi 22 février (hier) à Abidjan, a permis de ramener les protagonistes (antagonistes) autour de la table de discussion. Mieux, le format de la CEI a été accepté par tous (on s’est mis d’accord pour ne pas changer de format, contrairement aux premières instructions du Président Gbagbo), et le Président de la CEI (ancienne) perd son poste.

Visite du Président Compaoré à Abidjan, le 22 février 2010

Cet accord, qui permet de relancer les discussions de façon plus constructive (espérons-le !), peut être interprété de deux façons.

La plus facile des interprétations, c’est de conclure tout de suite à un échec cuisant pour M. Gbagbo dont la réclamation initiale portait sur une refonte de la CEI, pour lui donner un format lui permettant de travailler à l’abri du dictat des partis politiques. Et c’est sûr que la plupart des partis d’opposition vont certainement crier victoire sur la base de cette interprétation simpliste !

Mais il existe une deuxième interprétation, plus fine celle-là, qui permet de répondre à une question qu’on pouvait se poser le vendredi 12 février dernier, date à laquelle M. Gbagbo a passé le gouvernement et la CEI au dissolvant. En effet, je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais moi, je me suis demandé pourquoi dissoudre et le gouvernement, et la CEI, si le seul problème, c’est le Président Beugré Mambé auquel il est reproché d’avoir (voulu) intégré(r) des électeurs de façon frauduleuse. Cette double dissolution ressemblait à mes yeux à une manière de « tuer une mouche avec un marteau ». C’est alors que l’accord du 22 février m’a ouvert les yeux : et si le Président Gbagbo avait employé la bonne vieille méthode de la négociation selon laquelle pour avoir 1 on exige 10 ? Si tel est le cas, il aura alors réussi le coup du remplacement de M. Mambé à la tête de la CEI, ce qui était le problème de départ, et surtout, la raison pour laquelle le RHDP s’opposait à lui. Qu’en pensez-vous ?

Karl

Bloggeur africain

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3 commentaires sur “Blocage du processus électoral en Côte d’Ivoire : vers une solution ?”

  1. Moïse G. ENOH Says:

    Mon cher Karl de ce point de vue, M. GBAGBO aurait effectivement user d’astuce pour déloger M. BEUGRE MAMBE de la présidence de la CEI. Mais ne pourrait-on pas réfléchir autrement pour dire que le RHDP, consciente de la bévue commise par BEUGRE MAMBE ne voulait pas permettre que ce soit M. GBAGBO qui le destituât en tant que « maître absolu », détenteur réel du pouvoir?

    Sincères salutations

    • kgougouly Says:

      Bonjour Moïse G. ENOH,
      Merci pour votre commentaire que je trouve plein de sens. En effet, le RHDP peut jouer de subterfuge pour faire ressentir que le pouvoir de M. Gbagbo est édulcoré. Mais, je me demande si cela était nécessaire, dans la mesure où, depuis la signature des accords de Ouaga, on voit bien que son pouvoir n’est plus entier : il n’y a qu’à regarder la composition du gouvernement pour s’en rendre compte. C’est pour cela que j’ai tendance à penser que cela ne peut pas être la raison pour laquelle le RHDP a refusé de reconnaître la culpabilité de M. Mambé. Mais, la réflexion continue… Merci encore pour votre contribution !

  2. moshe Says:

    A analyser les derniers développements, si le RHDP avait reconnu la ‘faute de Mambé’, il aurait dû définitivement renoncer à la Présidence de la CEI au profit des FN ou du camp présidentiel.
    _________moshe_________


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