Affaire eau polluée de la SODECI : des zones d’ombre

M. Eba Basile, DG de la SODECI (au centre)

Tout Abidjan a été réveillé par cette affaire nauséabonde d’eau polluée à Yopougon. Permettez-moi de revenir sur cet « accident » (comme l’ont qualifié les premiers responsables de la Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire – SODECI).

De quoi s’agit-il ?

Le réseau d’eau potable de la cité des 1000 villas de l’opération immobilière Coprim Zenith 2 de Niangon dans la commune de Yopougon a été pollué suite à des travaux d’assainissement qu’effectuait une équipe de la SODECI dans ce périmètre. A l’issue de ces travaux, le réseau d’approvisionnement de ladite cité en eau a été infiltré par des eaux de fosses septiques (excréments humains). L’information a été rendue publique le mardi 9 février dernier, par la SODECI elle-même qui, via un mégaphone, en a fait l’annonce dans l’après-midi du mardi, date à laquelle elle-même aurait été informée de la situation par le courrier d’un client. Le message était clair : l’eau est polluée, il ne faut pas la consommer.

En réaction à ce problème, la SODECI a rassuré les abidjanais, en particulier les habitants de Yopougon, que son réseau de distribution n’a pas été touché dans son ensemble et qu’il s’agit d’un incident isolé, circonscrit à la cité concernée. A l’endroit des habitants de Coprim Zenith 2, le Directeur Général, après avoir expliqué les faits, s’est excusé. Et depuis, des mesures ont été prises. Il s’agit notamment de : l’isolement du réseau du quartier où s’est produit le sinistre ; la purge et la désinfection des réseaux internes des ménages ; le ravitaillement de ce quartier par des rotations de 2 citernes tous les jours ; la livraison d’eau minérale (1 carton par maison) ; la vaccination contre le choléra ; le déparasitage systématique et la surveillance épidémiologique assurée par le service médical de la SODECI et l’Institut National d’Hygiène publique.

Mais que de questions !

Des témoignages recueillis auprès de certains habitants de la cité concernée, tendent à établir que le mal a duré plus longtemps que la SODECI ne veut l’admettre. En effet, selon Monsieur T., il est question de trois semaines à deux mois, au lieu de la dizaine de jours annoncée par l’entreprise de service public. Où donc se cache la vérité à ce sujet ?

Et puis, en deux mois, trois semaines ou dix jours, pourquoi la SODECI ne s’est-elle pas elle-même rendue compte du problème, puisqu’il a fallu la plainte d’un usager dont les enfants souffraient de dyssenterie ? Cette question est, à mon sens, la plus importante. Car elle permet de questionner le processus de contrôle de qualité de la SODECI.

Hier, j’ai suivi à la télé une émission intitulée « L’eau, source de vie », au cours de laquelle la responsable qualité de la SODECI a expliqué en long et en large la façon dont la qualité de l’eau servie aux ivoiriens est contrôlée. Elle a même indiqué que le contrôle effectué par son entreprise est couplé avec (complété par) celui de l’Etat. Mais une chose m’a intrigué dans le processus de contrôle de la SODECI : pourquoi effectuer des prélèvements auprès des mêmes ménages à chaque passage ? Ce faisant, statistiquement, on ne se permet pas d’évaluer la qualité sur l’ensemble du réseau par sondage, et c’est ce qui peut expliquer qu’on ne se soit pas rendu compte de la mauvaise qualité de l’eau servie à la cité Coprim Zenith 2.

Mais plus fondamentalement, je me demande si dans les procédures de réalisation des travaux de la SODECI, il n’existe pas une étape de vérification (par une équipe autre que celle ayant effectué les travaux) avant la livraison de l’ouvrage, c’est-à-dire avant le rétablissement de la fourniture de l’eau à la zone concernée ?

Bref, toutes ces questions de simple usager des services de la SODECI, pour dire que dans cette affaire, il me semble que tout n’a pas encore été dit. Et si les habitants de la Coprim Zenith 2 veulent vraiment aider tous les autres ivoiriens, je pense qu’il doivent au moins intenter un procès contre la SODECI, non pour se faire de l’argent (ils n’ont pas besoin d’un procès pour cela), mais surtout pour que ce monopoleur soit amené à jouer la carte de la transparence vis-à-vis de tous ses clients.

J’ai même entendu dire, de la bouche d’un responsable de cette entreprise que « …c’est pour la première fois depuis près de 50 ans que pareille situation se produit ». Et si c’était seulement la première fois qu’on s’en rend compte ? Ça fait peur hein !!!

K@rl

Bloggeur africain

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One Comment sur “Affaire eau polluée de la SODECI : des zones d’ombre”

  1. Tybi Says:

    Mais qu’est-ce qui se passe en côte d’ivoire?Depuis un certain tps ns subissons tout ce qui est impensable.Déchets toxiques,affaire café-cacao,cie,sir on est fatigué de toutes ces choses dédommager ces pauvres habitants au moins de 5 millions par personne-Côte d’ivoire tu ns feras voir de toutes les couleurs. Yako!


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